Conférence
Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris
Une soirée pour plonger dans l’univers du gagaku.
Le 26 mars 2026, la Maison de la culture du Japon à Paris accueille une conférence sur le gagaku. Cette soirée unique vous invite à explorer la plus ancienne musique de cour du Japon. Vieille de 1300 ans, cette forme artistique continue de fasciner.
Au programme : histoire, démonstrations et sonorités envoûtantes.
Cette rencontre vous préparera idéalement au concert de gagaku contemporain Tokoyo du lendemain. Vous découvrirez les instruments, leurs particularités et leur pouvoir évocateur. Une occasion rare de s’initier à cet art ancestral.
Le gagaku, 1300 ans d’histoire vivante
Le gagaku porte en lui des siècles d’évolution. Contrairement à la musique ancienne européenne redécouverte au 19e siècle, il n’a jamais cessé d’être joué. Chaque époque l’a réinventé tout en préservant son essence.
Des origines chinoises à l’identité japonaise
Le gagaku, appelé yayue en chinois, trouve ses racines en Chine. Les Entretiens de Confucius le mentionnent déjà. Il désigne la musique de cour, indispensable aux rites impériaux.
Au Japon, les premiers textes rapportent l’arrivée de musiciens offerts par un souverain coréen. Cette musique distinguait les nations civilisées des peuples barbares. En 1711, elle accueillit l’ambassade coréenne pour affirmer la légitimité du shôgun.
Paradoxalement, ce qui devait prouver l’adoption de la culture chinoise devint un symbole de fierté nationale. Le Japon avait préservé un héritage disparu ailleurs. De plus, cette musique jouée pour l’empereur et les dieux ne pouvait qu’être japonaise, quelle qu’en fût l’origine.
Une tradition en perpétuelle réinvention
Le gagaku japonais s’est fixé entre le 7e et le 9e siècle. La cour impériale et les temples bouddhistes l’ont codifié en s’inspirant du modèle chinois.
Au 15e siècle, il disparut avec le déclin de la noblesse. Les shogunats le reconstruisirent ensuite. À la fin du 19e siècle, le nouveau gouvernement impérial l’institua comme musique rituelle shintoïste.
En 1955, le ministère de l’Éducation le désigna comme bien culturel immatériel.
Il était alors présenté comme une musique immuable, exécutée par les musiciens de l’Agence impériale. Pourtant, Sukeyasu Shiba, ancien musicien de cette institution, critiqua cette vision.
Inspiré par Toru Takemitsu, il fonda l’ensemble Reigakusha. Son objectif ? Montrer qu’une tradition vivante ne doit pas stagner.
Tarô Ishida, compositeur visionnaire du gagaku contemporain
Tarô Ishida anime cette soirée exceptionnelle. Né à Boston, il obtient un master à l’Université des Arts de Tokyo. Sa pièce Hone-uta reçoit les éloges de Ryuichi Sakamoto.
Son parcours connaît ensuite une période difficile. Il traverse des troubles psychiatriques sévères et s’installe dans le département de Tochigi. Éloigné de la scène musicale, il profite de ce temps pour refonder sa philosophie artistique.
Le compositeur revient en force en 2022. Il signe les arrangements musicaux de la série SHOGUN. Ce travail lui vaut des nominations aux Emmy Awards et aux Grammy Awards, lui apportant une reconnaissance internationale.
Aujourd’hui, il déploie une activité multiforme : composition, mise en scène et production. Son expression unique mêle gagaku, musique contemporaine et influences occidentales. Il fait partie des rares compositeurs actuels à utiliser cette musique de cour dans leurs créations.
Conférence sur le gagaku et démonstration d’instruments
La soirée se déroule en deux temps complémentaires. D’abord, Tarô Ishida présente l’histoire du gagaku. Il explique les caractéristiques de son interprétation et décrit ses instruments.
Ensuite, place à la pratique.
Les instruments du gagaku à l’honneur
Cinq instruments traditionnels seront démontrés lors de cette soirée :
- Le hichiriki, un hautbois au son puissant et expressif
- Le shô, un orgue à bouche aux harmonies mystérieuses
- Le ryûteki, une flûte traversière au timbre aérien
- Le gaku-biwa, un luth à la résonance profonde
- Le wagon, une cithare aux sonorités délicates
Chaque instrument révèle une facette unique de cette musique millénaire. Leurs sonorités étonnantes transportent l’auditeur dans un autre temps.
L’ensemble Reigakusha sur scène
Quatre musiciens de l’ensemble Reigakusha assurent les démonstrations. Hitomi Nakamura joue du hichiriki et du wagon. Kahoru Nakamura maîtrise le gaku-biwa. Hanako Nakamura interprète le shô. Enfin, Yoshiyuki Izaki fait vibrer le ryûteki.
Cet ensemble perpétue l’esprit de son fondateur. Il incarne une tradition vivante, en constant dialogue avec notre époque. Le lendemain, ces mêmes artistes se produiront lors du concert Tokoyo.
Cette conférence sur le gagaku vous permettra d’apprécier pleinement ce spectacle.
Informations pratiques pour cette conférence sur le gagaku
Voici les détails essentiels pour assister à cet événement gratuit :
- Date : 26 mars 2026 à 20:00
- Lieu : Grande salle de la MCJP (niveau -3)
- Durée : 2 heures
- Langue : Japonais avec traduction consécutive
Cette soirée s’inscrit dans le soutien de SHIBUNKAKU Co., Ltd.
Site web : https://www.mcjp.fr/fr/la-mcjp/actualites/le-gagaku-un-voyage-de-1300-ans
Adresse(s) : 101 bis quai Branly, 75015 Paris (Maison de la culture du Japon à Paris)
Gratuit
Réservation possible