Du jeudi 20 mars au dimanche 18 mai 2025
Love Hotel : une exposition photographique au cœur d’un Japon méconnu.
La Galerie du Jour agnès b. présente l’exposition Love Hotel du photographe François Prost.
Cette nouvelle collaboration entre la galerie et l’artiste offre aux visiteurs une immersion dans un aspect singulier de la culture japonaise. À travers une riche collection d’images, l’exposition révèle la diversité architecturale des love hotels nippons.
Ces établissements emblématiques du paysage urbain et rural japonais sont captés par l’objectif sensible du photographe. François Prost nous livre un regard authentique sur ces lieux souvent ignorés des circuits touristiques traditionnels.
Le vernissage aura lieu le mercredi 19 mars 2025 de 18:00 à 21:00, en présence de l’artiste.
Entre bâtiments aux formes extravagantes et enseignes colorées, cette série photographique dévoile un Japon loin des cartes postales habituelles. Elle témoigne de la richesse visuelle d’espaces ordinaires transformés en lieux extraordinaires par l’imaginaire architectural nippon.
À la découverte des Love Hotel japonais
Les photographies présentées dans cette exposition ont été réalisées en 2023, lors d’un périple en voiture entrepris par l’artiste.
De la métropole de Tokyo jusqu’à l’île de Shikoku, François Prost a parcouru routes principales et chemins secondaires pour documenter ces établissements singuliers.
Un voyage photographique entre Tokyo et Shikoku
Le projet Love Hotel s’articule autour d’un itinéraire précis qui traverse différents paysages japonais.
Des quartiers animés de la capitale aux zones rurales plus isolées, les love hotels ponctuent le territoire avec leurs façades distinctives. Chaque établissement photographié révèle une esthétique unique, entre kitsch assumé et recherche architecturale audacieuse.
François Prost a capturé plusieurs centaines d’images durant son voyage. Cette démarche systématique permet d’apprécier la variété des styles et des influences qui caractérisent ces bâtiments. De l’urbanisation dense des mégalopoles aux campagnes agricoles ordonnées, les love hotels s’intègrent dans des environnements très divers.
La série propose un regard frontal sur ces structures, privilégiant une approche documentaire où la façade devient le sujet principal. Cette méthode, signature du photographe, met en lumière les détails architecturaux et les choix esthétiques qui définissent chaque établissement.
Des façades qui racontent une histoire sociale
Au-delà de leur aspect visuel saisissant, les love hotels révèlent une réalité sociale complexe. Ces établissements ont émergé comme solution pratique dans un pays où l’espace domestique est souvent limité. Dans de nombreux foyers japonais, le manque d’intimité lié à l’exiguïté des logements et à la cohabitation intergénérationnelle a favorisé le développement de ces lieux dédiés.
Les love hotels offrent ainsi aux couples un espace temporaire pour vivre leur intimité. Cette dimension sociologique enrichit la lecture des photographies de François Prost. Derrière chaque façade se dessine l’histoire des rapports humains dans la société japonaise contemporaine.
L’exposition nous invite à réfléchir sur la place de l’intime dans l’espace public. Les love hotels, avec leurs devantures parfois discrètes, parfois flamboyantes, matérialisent le dialogue constant entre vie privée et espace collectif.
François Prost, explorateur des architectures populaires
Né à Lyon en 1980, François Prost s’est imposé comme un observateur attentif des espaces de sociabilité à travers le monde. Son travail photographique se concentre sur des lieux où se cristallisent les pratiques culturelles collectives, souvent en marge des représentations dominantes.
Un parcours artistique cohérent
Diplômé en design graphique et typographie de l’école Saint-Luc à Bruxelles, François Prost a d’abord exercé comme directeur artistique dans plusieurs agences prestigieuses. C’est en 2017 qu’il se consacre pleinement à ses projets photographiques personnels, tout en poursuivant son activité de directeur artistique freelance.
Son travail a été récompensé par de nombreux prix, dont le Prix Fidal de la jeune photographie en 2016. Ses œuvres ont été exposées dans des lieux renommés comme les Rencontres d’Arles, Paris Photo, ou la Villa Noailles. La presse internationale a largement relayé ses projets, avec des publications dans National Geographic, le Sunday Times Magazine ou M Le Monde.
François Prost a également publié trois ouvrages monographiques : After Party (2018), Paris China (2020) et Gentlemen’s Club (2021). Ces publications témoignent de la cohérence de sa démarche artistique et de l’intérêt qu’elle suscite auprès du public et des institutions.
Dans la continuité de ses précédents projets
Love Hotel s’inscrit parfaitement dans la lignée des précédentes séries de François Prost. Le photographe poursuit son exploration des architectures festives et des lieux de sociabilité initiée avec After Party (2011-2023), qui documentait les façades des boîtes de nuit françaises.
On retrouve la même approche méthodique dans ses séries :
- Gentlemen’s Club (2019) consacrée aux clubs de strip-tease américains,
- Discoteca (2020) qui capture les discothèques espagnoles,
- et Club Ivoire (2023) dédiée aux établissements nocturnes de Côte d’Ivoire.
Cette continuité thématique révèle un regard constant sur les espaces où se jouent les interactions sociales.
À travers ces différents projets, François Prost construit une œuvre documentaire qui témoigne des expressions architecturales populaires. Son travail met en lumière ces bâtiments souvent négligés par l’histoire de l’art traditionnelle mais qui reflètent pourtant les dynamiques culturelles et sociales contemporaines.
Adresse(s) : Galerie du Jour agnès b. (Place Jean-Michel Basquiat, 75013 Paris)
Gratuit
Ouvert les mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche
De 11:00 à 19:00, sauf le dimanche de 14:00 à 19:00