Mon grand frère et moi : avant-première

Film

Le nouveau film de Ryōta Nakano, sur le deuil et la famille.

Mon grand frère et moi est sorti dans les salles françaises le 6 mai 2026.

Ce nouveau long métrage du réalisateur japonais Ryōta Nakano explore avec sensibilité les liens familiaux après la perte d’un proche. Adapté de l’essai autobiographique Ani no Shimai de Riko Murai, le film mêle humour délicat et émotion sincère.

L’histoire suit Riko, écrivaine et mère de famille, confrontée à la mort brutale de son frère aîné. Elle doit gérer l’héritage chaotique qu’il laisse derrière lui.

Entre factures impayées, appartement en désordre et secrets de famille, elle redécouvre progressivement un homme qu’elle croyait connaître. Aux côtés de Kanako, l’ex-belle-sœur, Riko traverse ce bouleversement entre larmes et fous rires.

Synopsis de Mon grand frère et moi

Riko et son frère aîné n’ont jamais entretenu de relation simple. Après des années de silence, sa mort soudaine vient bouleverser le quotidien de la jeune femme.

Il lui laisse bien plus qu’un simple héritage matériel : des dettes, un appartement surchargé et surtout un fils dont elle ignorait l’existence.

Contrainte de retourner dans sa ville natale pour vider l’appartement, Riko retrouve Kanako. Ensemble, elles affrontent ce chaos avec pragmatisme. Au fil des jours, les souvenirs remontent à la surface.

Le portrait du défunt se complexifie. Pour Riko, c’était un homme égoïste et irresponsable. Pour Kanako et les enfants, il incarnait un père aimant malgré ses défauts.

Une comédie touchante sur la réconciliation

Le film explore la multiplicité des regards portés sur un même être. Chaque personnage découvre des facettes ignorées du disparu.

Ryōta Nakano filme cette révélation progressive avec justesse et pudeur.

L’humour surgit naturellement des situations du quotidien. La crémation, les rituels funéraires japonais, le tri des affaires : autant de moments où la vie reprend ses droits. Le réalisateur refuse la lourdeur dramatique. Il préfère saisir la tendresse des gestes et l’attachement persistant des vivants.

Dans certaines scènes, le frère réapparaît à l’écran comme une image surgissant dans l’esprit de Riko. Ces apparitions constituent un monologue intérieur. Elles traduisent les questionnements de l’héroïne face à son deuil.

L’univers du réalisateur Ryōta Nakano

Né à Kyoto en 1973, Ryōta Nakano a étudié au Japan Institute of the Moving Image, école fondée par Shōhei Imamura.

Il développe depuis ses débuts un cinéma profondément humaniste centré sur les relations familiales. Ses films interrogent constamment la notion de famille sans jamais imposer de définition universelle.

Après le succès de La Famille Asada

Son précédent long métrage, La Famille Asada, a connu un beau parcours en France en 2023. Plus de 250 000 spectateurs ont été touchés par cette chronique familiale sensible. Le film explorait déjà les thèmes du deuil et des liens intergénérationnels chers au cinéaste.

Avec Mon grand frère et moi, Nakano poursuit cette exploration. Il filme désormais davantage du point de vue des parents. Devenu père lui-même, il confie que sa vision a évolué. Ses personnages gagnent en complexité et en nuances.

Une vision humaniste du cinéma japonais

Le réalisateur revendique l’influence de Shōhei Imamura et son concept de « tragédie comique ». Pour lui, la vraie comédie naît des efforts désespérés des personnages face aux situations difficiles.

Il cherche systématiquement la tendresse et le comique chez les êtres humains, même dans les moments les plus sombres.

Cette approche rapproche son œuvre de celle de Yōji Yamada ou Hirokazu Kore-eda. Comme eux, Nakano filme les silences et les maladresses avec délicatesse. Les scènes de repas ponctuent régulièrement ses films : elles symbolisent ces moments où la famille se réunit et partage.

Le cinéaste refuse de représenter frontalement la mort. Il préfère filmer ce qui suit : comment les vivants s’efforcent de continuer. Les funérailles et les rituels servent d’abord ceux qui restent, non les défunts.

Un casting remarquable pour Mon grand frère et moi

Ryōta Nakano a réuni trois acteurs majeurs du cinéma japonais. Kō Shibasaki incarne Riko avec une justesse remarquable. Le réalisateur souhaitait découvrir une facette inédite de cette actrice habituellement associée à des rôles de femmes charismatiques. Elle compose ici une héroïne plus ordinaire, tiraillée entre vie de famille et carrière d’écrivaine.

Joe Odagiri retrouve Nakano après Her Love Boils Bathwater. Il interprète le grand frère disparu avec une présence unique. Dix ans après leur première collaboration, l’acteur a gagné en maturité. Son sourire nuancé dans la scène finale bouleverse le réalisateur lui-même.

Hikari Mitsushima complète ce trio en jouant Kanako, l’ex-femme du défunt. Elle trouve le juste équilibre entre rancœur et bienveillance. Son personnage révèle une autre facette du disparu : celle d’un père aimant malgré ses échecs.

Nakano a organisé des rencontres entre les acteurs et l’autrice Riko Murai avant le tournage. Le cinéaste privilégie toujours la création de liens authentiques entre ses comédiens plutôt que les répétitions techniques.

Infos pratiques

Sortie nationale : 6 mai 2026

Durée : 2h07

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