Du jeudi 12 novembre 2026 au samedi 13 février 2027
Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris
Exposition Shunga : les chefs-d’œuvre de l’art érotique de l’époque Edo à la MCJP.
La Maison de la culture du Japon à Paris présente l’exposition Shunga du 12 novembre 2026 au 13 février 2027. Pour la première fois en France, elle consacre une exposition entièrement dédiée à ces « images de printemps ».
Elle réunit des estampes et des peintures érotiques de l’époque Edo (1603-1868), dont des chefs-d’œuvre d’Utamaro et de Hokusai. Ces œuvres proviennent principalement de grandes collections japonaises et européennes, publiques et privées.
L’exposition est réservée aux plus de 18 ans.
L’exposition Shunga : un art érotique longtemps dédaigné
Rares sont en France les expositions consacrées aux peintures et estampes érotiques japonaises. Longtemps dédaignées ou jugées obscènes, elles sont reconsidérées à leur juste valeur au Japon et dans le reste du monde.
Cette exposition est consacrée uniquement aux shunga, ou « images de printemps ». Elle déconstruit aussi certaines idées reçues sur cet art, qui connaît un regain d’intérêt dans le monde entier.
Les shunga, un genre méconnu de l’ukiyo-e
Les shunga appartiennent à l’ukiyo-e, les « images du monde flottant ». Ce courant va des célèbres vues du Japon aux portraits de beautés féminines et d’acteurs de kabuki.
Ces images correspondent aux goûts des chônin, la classe émergente des artisans et des commerçants. Les shunga sont toutefois le genre le plus méconnu de ce courant.
Presque tous les grands maîtres de l’ukiyo-e en ont composé, à commencer par Harunobu, Utamaro et Hokusai. Pour eux, ces œuvres faisaient partie intégrante de leur travail.
Des peintures de l’époque Heian à l’âge d’or des estampes
Le parcours retrace de façon chronologique l’art des shunga durant l’époque Edo.
Déjà présentes à l’époque Heian (794-1185), les peintures érotiques étaient réservées aux nobles.
Au 17e siècle, la gravure sur bois permet de diffuser estampes et livres auprès d’un large public de citadins.
Vers 1765, les premières estampes polychromes, les nishiki-e, ouvrent l’âge d’or des shunga.
Des usages multiples : éduquer, stimuler, amuser
Les shunga servaient à éduquer les jeunes mariés et à stimuler le désir. Ils pouvaient d’ailleurs être offerts en dot à la mariée.
Les abuna-e, les « images risquées », se contentaient parfois de suggérer.
L’humour était aussi très présent, d’où le nom d' »images pour rire » (warai-e). Selon les croyances de l’époque, certaines images servaient même à se protéger des incendies.
Hommes et femmes de tous âges et de toutes classes sociales les appréciaient.
Des couples, des yôkai et des parodies littéraires
Les quartiers des plaisirs, comme le célèbre Yoshiwara à Edo, sont un sujet prisé des artistes.
Au 18e siècle, les couples mariés ou amants deviennent pourtant les principaux sujets. Ces scènes mettent en avant l’épanouissement sexuel de partenaires heureux, avec une grande attention au plaisir féminin. Leurs ébats se déroulent parfois sur douze scènes, qui évoquent le passage des saisons.
Les végétaux ont souvent une connotation érotique. Les artistes imaginent aussi des étreintes avec des étrangers, des yôkai ou des spectres.
Les parodies grivoises d’œuvres littéraires, comme le Dit du Genji, sont également un thème récurrent.
La censure, un moteur de créativité
La censure plonge cette production dans l’ombre dès 1722. Les éditeurs ne mentionnent alors plus leur nom ni la date de publication, et les artistes adoptent des pseudonymes.
Pour échapper aux autorités, certains choisissent des couvertures chastes. À l’intérieur, des séries de douze feuillets, un par mois, présentent des scènes éloquentes.
Les autorités tolèrent pourtant ces publications dans certaines limites, car de nombreux artistes célèbres continuent d’en créer. Paradoxalement, les interdictions stimulent leur créativité et donnent naissance à de véritables chefs-d’œuvre !
Les maîtres de l’ukiyo-e à l’exposition Shunga
Les œuvres de l’exposition Shunga vont des écoles classiques de peinture aux maîtres les plus novateurs de l’ukiyo-e. On y trouve des nishiki-e, des livres et des peintures aux splendides couleurs.
Utamaro, l’élégance de l’éros
Kitagawa Utamaro (1753-1806) est considéré comme le maître du genre bijin-ga, les « images de belles femmes ». Il fréquentait assidûment le quartier de Yoshiwara. Ses portraits de femmes sensuelles en demi-buste ont révolutionné l’iconographie du genre.
Dans ses shunga, la même élégance se retrouve. Ses compositions audacieuses incitent l’observateur à devenir voyeur. Parmi ses œuvres érotiques, Poème de l’oreiller et la série Le fil du désir ont fasciné Edmond de Goncourt, au temps du japonisme.
L’exposition présente notamment Le fil du désir (1799) et le livre illustré Komachibiki (1802).
Hokusai, l’érotisme rêvé
Katsushika Hokusai (1760-1849) est sans doute l’artiste le plus célèbre de l’ukiyo-e. Sa Grande Vague de Kanagawa est devenue une icône internationale de l’art japonais.
Il déploie aussi son talent dans les images érotiques. Il réalise deux chefs-d’œuvre durant les années 1810 : Pluviers sur les vagues et Fleur d’Adonis.
Ses trois volumes de Kinoe no Komatsu (1814) restent très recherchés. Ils renferment l’image de la belle plongeuse enlacée par les tentacules d’une pieuvre géante.
De Harunobu à l’école Utagawa
Les shunga sont appelés makura-e, « images d’oreiller », dès 1643. L’ukiyo-e naît ensuite vers 1671 avec les premières œuvres de Hishikawa Moronobu.
Au 18e siècle, les figures féminines délicates de Suzuki Harunobu cèdent la place à des représentations plus réalistes du corps. Torii Kiyonaga, Katsukawa Shunshô et Chôbunsai Eishi, aux silhouettes élégantes et minces, illustrent cette évolution. À Kyoto et à Osaka, Tsukioka Settei développe un style plus gracieux et raffiné.
Au début du 19e siècle, l’école Utagawa domine la production. Toyoharu, Toyokuni, Kunimasa, Kunisada et Kuniyoshi y perpétuent la tradition des livres érotiques.
Une exposition Shunga en deux volets
Deux présentations pour préserver les œuvres
En raison de la fragilité des œuvres, leur présentation se fait en deux temps :
- Le premier volet a lieu du 12 novembre au 19 décembre 2026.
- Le second volet se tient du 5 janvier au 13 février 2027.
Des visites guidées de l’exposition Shunga
Quatre visites guidées sont proposées :
- jeudi 26 novembre à 17:30,
- vendredi 11 décembre à 15:00,
- jeudi 21 janvier à 17:30,
- vendredi 5 février à 15:00.
La conférence d’ouverture de l’exposition Shunga, le 10 novembre
Les deux commissaires présentent les œuvres
Le mardi 10 novembre 2026 à 18:00, les deux commissaires de l’exposition, Kazutaka Higuchi (professeur à la Jumonji University) et Rossella Menegazzo (professeure associée à l’Université de Milan), présentent les œuvres exposées.
Ils retracent l’évolution des shunga. Ils évoquent aussi la manière dont cet art érotique a été apprécié et reçu au Japon comme en France.
Une conférence qui donne accès au vernissage
La conférence se tient en japonais et en italien, avec traduction consécutive en français.
Elle est réservée aux plus de 18 ans. Le billet de réservation de la conférence donne accès au vernissage de l’exposition, le soir même.
Le cycle L’érotisme dans le cinéma japonais, en écho à l’exposition Shunga
Un cycle autour de l’héritage des « images de printemps »
En écho à l’exposition, la MCJP propose un cycle de films du 13 novembre 2026 au 13 février 2027.
Il comprend un documentaire sur l’art des shunga, des films consacrés aux peintres de l’ukiyo-e et une sélection d’œuvres du Roman porno. Ce genre est lancé par le studio Nikkatsu pour répondre à la crise du cinéma japonais des années 1970.
En point d’orgue, L’Empire des sens de Nagisa Oshima célèbre les cinquante ans de sa présentation à Cannes.
Le programme complet est détaillé sur le site de la MCJP.
Les films du cycle, séance par séance
- Vendredi 13 novembre 2026, 19:00 : SHUNGA : The Lost Japanese Erotica (2023), de Junko Hirata
- Samedi 14 novembre 2026, 16:00 : L’Empire des sens (1976), de Nagisa Oshima
- Samedi 14 novembre 2026, 18:15 : L’Empire des sens, une histoire d’amour et de mort au Japon (2026), de Claire Laborey
- Jeudi 19 novembre 2026, 19:00 : Jusqu’à l’os (1966), de Tai Katô
- Mardi 15 décembre 2026, 19:00 : Rue de la joie (1974), de Tatsumi Kumashiro
- Mardi 12 janvier 2027, 19:00 : Le Pornographe (1966), de Shôhei Imamura
- Mardi 26 janvier 2027, 19:00 : Osen la maudite (1973), de Noboru Tanaka
- Mardi 2 février 2027, 19:00 : Cinq femmes autour d’Utamaro (1946), de Kenji Mizoguchi
- Mardi 9 février 2027, 19:00 : Caresses sous un kimono (1972), de Norifumi Suzuki
- Samedi 13 février 2027, 18:00 : SHUNGA : The Lost Japanese Erotica (2023), de Junko Hirata
Autour de l’exposition Shunga : atelier, conférence et catalogue
Un atelier de gravure sur bois
Le samedi 23 janvier 2027 à 14:00, la MCJP propose un atelier de gravure sur bois. Cette technique est au cœur de la diffusion des shunga.
Une conférence sur l’érotisme à l’oreille
Le vendredi 5 mars 2027 à 18:30, la chercheuse en cultures médiatiques Lucy Glasspool donne une conférence intitulée L’érotisme à l’oreille : du rakugo grivois aux fictions ASMR.
Le catalogue de l’exposition Shunga
Le catalogue Shunga : chefs-d’œuvre de l’art érotique à l’époque Edo (1603-1868) est coédité par la MCJP et les Éditions Gourcuff-Gradenigo. Il compte 192 pages et coûte 30 euros.
Il réunit les textes de Kazutaka Higuchi, de Rossella Menegazzo et de Timon Screech, professeur à l’International Research Center for Japanese Studies (Nichibunken).
Informations pratiques
Exposition
Date : du jeudi 12 novembre 2026 au samedi 13 février 2027, en deux volets :
- 12 novembre-19 décembre,
- puis 5 janvier-13 février.
Horaires : du mardi au samedi, de 11:00 à 19:00. Dernière entrée à 18:30. Fermé les jours fériés et du 20 décembre au 4 janvier inclus.
Lieu : salle d’exposition (niveau 2) de la Maison de la culture du Japon à Paris, 101bis quai Jacques Chirac, 75015 Paris.
Tarifs : 7 euros, 5 euros en tarif réduit (sur justificatif), gratuit pour les adhérents de la MCJP. Réservation à partir du 13 octobre sur www.mcjp.fr.
Public : exposition réservée aux plus de 18 ans.
Commissariat : Kazutaka Higuchi et Rossella Menegazzo, avec Christine Cibert comme coordinatrice.
Organisation : MCJP (Fondation du Japon), avec le soutien spécial de la Sumisho Art Gallery et le soutien du Hosomi Museum. Avec le concours de l’Association pour la MCJP et de la Fondation franco-japonaise Sasakawa, sous le patronage de l’International UKIYO-E Society.
Crédits d’illustration : Tsukioka Settei, Rouleau des plaisirs secrets d’une nuit de printemps (détail), seconde moitié du 18e siècle © collection Michael Fornitz
Conférences, atelier et projections
Conférence d’ouverture : mardi 10 novembre 2026 à 18:00, en petite salle (rez-de-chaussée). Durée : 1h30. Entrée libre sur réservation.
Atelier de gravure sur bois : samedi 23 janvier 2027 à 14:00. Lieu, tarif et réservation : (information non communiquée).
Conférence L’érotisme à l’oreille : vendredi 5 mars 2027 à 18:30, avec Lucy Glasspool. Lieu, tarif et réservation : (information non communiquée).
Cinéma : du 13 novembre 2026 au 13 février 2027. 6 euros la séance, 3 euros en tarif réduit et pour les adhérents de la MCJP, en grande salle (niveau -3) ou en petite salle (rez-de-chaussée).