Conférence
Organisé par : Inalco
Conférences de Chris Stevens, chercheur à l’University College London (UCL).
Chris Stevens donnera deux conférences sur l’archéologie au Japon à l’Inalco dans le cadre de l’axe de recherche Diversité et diversification des langues du CRLAO :
- La transition vers l’agriculture dans l’archipel japonais le 2 décembre,
- Les preuves linguistiques et archéologiques des migrations sino-tibétaines le 4 décembre avec Guillaume Jacques (CRLAO, CNRS-EPHE-Inalco).
La transition vers l’agriculture dans l’archipel japonais
Il y explorera les origines de l’agriculture dans l’archipel japonais et son impact sur les populations, aussi bien sur les plans génétique que linguistique.
Les premiers agriculteurs apparaissent dans le nord de Kyushu, à l’époque Yayoi (environ 1 200-950 avant notre ère).
Cette période marque la transition de la chasse, pêche et cueillette pratiquées par les Jomon à une agriculture organisée, notamment la riziculture, qui s’est étendue dans tout le Japon continental, sauf Hokkaido, à la fin de l’époque Yayoi (1-250 CE).
Mais ces transformations posent de nombreuses questions. Dans quelle mesure les Jomon ont-ils adopté l’agriculture ? Quelle influence les cultures agricoles chinoises et coréennes ont-elles exercée sur le Japon ?
Chris Stevens mettra en lumière des données récentes montrant que les Jomon ne se limitaient pas à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs. Dès 4 000 avant notre ère, ils cultivaient déjà l’azuki et le soja. Pendant ce temps, la culture des millets émergeait en Chine, notamment dans le bassin du fleuve Jaune, dès 8 000 avant notre ère.
Ces techniques agricoles ont influencé la Corée et la Sibérie, mais n’ont atteint le Japon que bien plus tard. En revanche, la riziculture, née dans le bas Yangtsé il y a 8 000 ans, a joué un rôle central. Après des expansions successives, elle a permis aux agriculteurs coréens Mumun (1500-300 avant notre ère) de propager cette pratique au Japon.
Cette conférence révélera donc un scénario complexe, où chaque culture — chinoise, coréenne et japonaise — a contribué à forger l’identité agricole et culturelle des Yayoi et des périodes ultérieures comme celle de Kofun.
Lien web : https://www.inalco.fr/evenements/la-transition-vers-lagriculture-dans-larchipel-japonais
Les preuves linguistiques et archéologiques des migrations sino-tibétaines
On suppose que la propagation des familles linguistiques s’est produite via des transitions agricoles et démographiques qui ont poussé les populations à s’éloigner des centres agricoles d’origine, la diffusion démique.
Cependant, les origines géographiques des familles linguistiques sont souvent liées aux régions où l’on observe la plus grande diversité linguistique.
Pour la famille linguistique sino-tibétaine, cela crée un conflit, car la diversité linguistique maximale se trouve dans le nord-est de l’Inde et au Népal, alors que les centres de domestication des cultures néolithiques dans les bassins des fleuves Jaune et Yangtze ont aujourd’hui une faible diversité linguistique.
Par conséquent :
- soit les langues sino-tibétaines sont originaires du nord-est de l’Inde et se sont répandues par des moyens autres que la diffusion démique ;
- ou bien de multiples diffusions d’agriculteurs se sont produites à partir d’une communauté préalablement diversifiée linguistiquement, dans laquelle la diversité linguistique était maintenue ou augmentée à mesure que les peuples se propageaient vers l’ouest, mais se perdait dans la région originelle.
Cette présentation explore ces deux hypothèses à l’aide de preuves issues de la linguistique historique et de l’archéologie.
Adresse(s) : Maison de la recherche (2, rue de Lille - 75007 Paris)
Gratuit