Concert, le vendredi 27 mars 2026 à 20:00
Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris
Un concert de gagaku revisité par Tarô Ishida.
Le 27 mars 2026, la Maison de la culture du Japon à Paris accueille le concert Tokoyo. Ce projet musical audacieux fusionne le gagaku et les musiques contemporaines.
Tarô Ishida, compositeur nominé aux Emmy Awards et aux Grammy Awards pour la série SHOGUN, signe cette création unique.
Il prend comme base cette musique de cour vieille de 1300 ans. Puis, il y ajoute instruments à cordes et musique électronique. Le résultat ? Une expérience musicale actuelle, envoûtante et d’une grande beauté.
À partir de sons millénaires, le compositeur dépeint des thèmes universels. La dignité humaine, la mort, la mémoire et la joie prennent vie sous ses arrangements.
Par ailleurs, ce projet explore comment utiliser de façon pertinente le gagaku à notre époque contemporaine.
Quatre musiciens de l’ensemble Reigakusha et trois musiciens à cordes interprètent ce programme exceptionnel. Ensemble, ils font résonner cette musique ancestrale d’une manière inédite.
Le gagaku, une musique de cour millénaire
Le gagaku constitue l’art scénique traditionnel le plus ancien du Japon. Ses origines remontent à l’époque Heian (794-1185).
Cette musique de cour se caractérise par ses chants longs et lents, ainsi que par sa gestuelle chorégraphique.
En 2009, l’UNESCO l’inscrit sur la liste du Patrimoine culturel immatériel.
Sa pratique se rapproche d’un véritable rite. Elle repose sur une alternance complexe des rythmes et des sons, sur de subtiles variations et sur le timbre si particulier des instruments japonais.
Des origines chinoises à l’identité japonaise
Le gagaku, appelé yayue en chinois, trouve ses racines en Chine. Les Entretiens de Confucius le mentionnent déjà. Il désigne alors la musique de cour, indispensable aux rites impériaux.
Au Japon, les premiers textes rapportent l’arrivée de musiciens offerts par un souverain coréen. Cette musique distinguait les nations civilisées des peuples barbares. D’ailleurs, en 1711, elle accueillit l’ambassade coréenne pour affirmer la légitimité du shôgun.
Paradoxalement, ce qui devait prouver l’adoption de la culture chinoise devint un symbole de fierté nationale.
Une tradition inscrite au patrimoine de l’UNESCO
Le gagaku s’est fixé entre le 7e et le 9e siècle. La cour impériale et les temples bouddhistes l’ont codifié en s’inspirant du modèle chinois.
Au 15e siècle, il disparut avec le déclin de la noblesse. Les shogunats le reconstruisirent ensuite. À la fin du 19e siècle, le nouveau gouvernement impérial l’institua comme musique rituelle shintoïste.
En 1955, le ministère de l’Éducation le désigna comme bien culturel immatériel. Il était alors présenté comme une musique immuable, exécutée par les musiciens de l’Agence impériale.
Pourtant, Sukeyasu Shiba, ancien musicien de cette institution, critiqua cette vision. Inspiré par Toru Takemitsu, il fonda l’ensemble Reigakusha. Son objectif ? Montrer qu’une tradition vivante ne doit pas stagner.
Cet esprit anime aujourd’hui le projet Tokoyo.
Tarô Ishida, compositeur visionnaire du concert de gagaku Tokoyo
Tarô Ishida incarne une nouvelle génération de compositeurs japonais. Né à Boston, il obtient un master à l’Université des Arts de Tokyo. Sa pièce Hone-uta reçoit les éloges de Ryuichi Sakamoto, figure majeure de la musique contemporaine japonaise.
Son parcours connaît ensuite une période difficile. Il traverse des troubles psychiatriques sévères et s’installe dans le département de Tochigi. Éloigné de la scène musicale, il profite de ce temps pour refonder sa philosophie artistique.
Un parcours artistique international
Le compositeur revient en force en 2022. Il signe les arrangements musicaux de la série SHOGUN. Ce travail lui vaut des nominations aux Emmy Awards et aux Grammy Awards.
Cette reconnaissance internationale propulse sa carrière. Aujourd’hui, il déploie une activité multiforme : composition, mise en scène et production. Son expression unique mêle gagaku, musique contemporaine et influences occidentales.
De SHOGUN aux Emmy Awards
Il fait partie des rares compositeurs actuels à utiliser cette musique de cour dans leurs créations. Avec Tokoyo, il franchit une nouvelle étape. Ce projet explore tant les dimensions artistiques que technologiques du gagaku.
Comment faire résonner cette musique ancestrale de la plus belle manière possible ? Telle est la question qui guide son travail. Les arrangements pour SHOGUN lui ont appris à dialoguer avec les traditions japonaises. Désormais, il les réinvente pour notre époque.
L’ensemble Reigakusha et les instruments du concert de gagaku
Quatre musiciens de l’ensemble Reigakusha assurent l’interprétation des parties traditionnelles. Cet ensemble perpétue l’esprit de son fondateur, Sukeyasu Shiba. Il incarne une tradition vivante, en constant dialogue avec notre époque.
Trois musiciens à cordes complètent la formation. Cette fusion entre instruments traditionnels japonais et cordes occidentales crée une palette sonore inédite.
Le tout est soutenu par la musique électronique, pilotée par Tarô Ishida au clavier.
Les instruments traditionnels japonais
Cinq instruments traditionnels composent le cœur de cette formation :
- Le hichiriki, hautbois au son puissant et expressif, joué par Hitomi Nakamura
- Le shô, orgue à bouche aux harmonies mystérieuses, interprété par Hanako Nakamura
- Le ryûteki, flûte traversière au timbre aérien, maîtrisé par Yoshiyuki Izaki
- Le gaku-biwa, luth à la résonance profonde, joué par Kahoru Nakamura
- Le wagon, cithare aux sonorités délicates, également interprété par Hitomi Nakamura
Chaque instrument révèle une facette unique de cette musique millénaire. Leurs sonorités étonnantes transportent l’auditeur dans un autre temps.
La fusion avec les cordes occidentales
Riri Tanaka au violon, Tatsuya Nanasawa à l’alto et Nanami Narita au violoncelle enrichissent cette formation. Ces trois musiciens apportent la profondeur et la texture des cordes occidentales.
Cette rencontre n’est pas anodine. Elle symbolise le dialogue entre Orient et Occident, entre passé et présent. Les cordes répondent aux instruments traditionnels, créant des ponts sonores inattendus.
Le programme (provisoire) comprend des pièces traditionnelles comme Netori, Koranjo ou Ranjo.
Il intègre également des créations de Tarô Ishida, dont Kotsuka, Book of the Dead et la pièce éponyme Tokoyo.
Programme et réservations
Le concert se déroule le 27 mars 2026 à 20:00 dans la Grande salle (niveau -3) de la Maison de la culture du Japon à Paris. La durée est de 2 heures.
Les tarifs sont les suivants :
- Plein tarif : 20 euros
- Tarif réduit : 18 euros
- Adhérent MCJP : 16 euros
Les réservations sont ouvertes depuis le 26 janvier.
Pour préparer cette soirée, une conférence sur le gagaku est organisée la veille, le 26 mars. Tarô Ishida y présente l’histoire de cette musique de cour et les quatre musiciens de Reigakusha y démontrent leurs instruments. Cette rencontre permet d’apprécier pleinement le concert du lendemain.
Site web : https://www.mcjp.fr/fr/la-mcjp/actualites/tokoyo
Adresse(s) : 101 bis quai Branly, 75015 Paris (Maison de la culture du Japon à Paris)