Spectacle
Thomas Lebrun et ses interprètes s’inspirent librement de Hiroshima mon amour, de leurs rencontres avec les hibakusha (les victimes des bombardements atomiques), de leur immersion dans cette ville d’aujourd’hui, pour interroger la transformation et l’effacement de la mémoire, et porter un regard aigu sur notre monde.
Que reste-t-il d’Hiroshima dans la mémoire collective des jeunes générations ? Des fragments, des moments historiques, des souvenirs ? Les souvenirs d’un film, Hiroshima mon amour ? Les sons ? Les images ? Un récit ?
Aujourd’hui, sur fond de mondialisation, de déferlement d’images en tout genre, de chaos permanent, comment se remémorer l’impact de ces basculements inouïs et en nourrir notre rapport au monde ? Tel est le point de départ de la création de Thomas Lebrun, un regard sur notre société où la rencontre des cultures et des pensées est noyée sous les vagues vertigineuses d’intérêts ou de combats aveuglés.
Depuis maintenant trois créations, le chorégraphe interroge ce rapport du corps à la mémoire, l’écriture gestuelle ancrée dans l’organisme, comme une forme « d’absence à soi ». Cette fois, il va plus loin, en posant comme arrière-plan la question de la conscience, tout comme dans le film où la réalité atomique est peu visible à l’écran mais constante : « ils n’ont rien vu » de ce monde prêt à exploser. « Tu vois, de bien regarder… je crois que ça s’apprend ».
Avec Maxime Camo, Raphaël Cottin, Anne-Emmanuelle Deroo, Karima El Amrani, Akiko Kajihara, Anne-Sophie Lancelin, Matthieu Patarozzi, Léa Scher, Yohann Têté.
Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du vendredi 6 mars.
Site web : https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2019-2020/nont-rien-vu
Adresse(s) : 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75016 Paris (Théâtre National de Chaillot)
Prix : 38 euros
Réservation possible