Film
Projection exceptionnelle du film japonais Shall we dance?.
Shall we dance? (Shall we dansu en japonais) est un film japonais réalisé par Masayuki Suo.
Avec Kôji Yakusho, Tamiyo Kusakari, Naoto Takenaka.
Shohei, un homme d’affaires, mène une vie banale jusqu’au jour où il aperçoit une femme penchée à sa fenêtre.
Fasciné par son regard, il décide de s’inscrire à l’académie de danse où elle est professeur.
Il est sorti en 1996 au Japon, jamais en France.
Le Reflet Médicis propose une projection exceptionnelle le jeudi 28 août à 20:00 en VOST. Cette séance s’inscrit dans le cycle mensuel KINOTAYO, rendez-vous incontournable des cinéphiles !
Vous pourrez en outre profiter d’une projection spéciale du film La Femme du docteur Hanaoka le même jour à 18:00 au Reflet Médicis, présentée par Dimitri Ianni, spécialiste du patrimoine japonais.
Un phénomène cinématographique japonais des années 1990
Shall we dance? devient un véritable phénomène social en 1996. Le film attire des spectateurs absents des salles depuis des années. Par conséquent, il prouve que le cinéma japonais peut séduire un public large.
Avec 2,72 milliards de yens au box-office, l’œuvre se classe deuxième film le plus rentable de l’année. Seul Godzilla vs. Destoroyah le devance cette année-là.
La critique salue unanimement ce succès. Ainsi, le film remporte 14 prix de l’académie japonaise (« Oscars japonais ») de 1997 :
- Meilleur film
- Meilleur acteur pour Kôji Yakusho
- Meilleure actrice pour Tamiyo Kusakari
- Meilleur réalisateur pour Masayuki Suo
- Meilleur scénario
L’intrigue de Shall we dance? : la danse comme révélateur
Masayuki Suo signe ici un récit profondément humain. Il explore les frustrations d’un homme ordinaire avec finesse et justesse.
Sugiyama incarne parfaitement le salaryman japonais. Il a tout réussi : carrière, mariage, enfants. Pourtant, il souffre d’un profond mal-être.
Sa vie ressemble à une succession d’étapes obligatoires. Travailler, réussir, se marier constituent ses seuls horizons. Cependant, il bouillonne intérieurement et rêve d’autre chose.
La danse devient alors sa voie d’émancipation. Intelligemment, Suo utilise cette discipline comme métaphore de la crise de la quarantaine. Mai, la jolie professeure, personnifie ce désir de changement. Son prénom vient du verbe mau qui signifie « danser » en japonais.
L’apprentissage se révèle être un véritable révélateur pour Sugiyama. Il transpire, souffre, s’amuse et gagne confiance en lui. Néanmoins, la honte l’assaille constamment. Il cache ses cours à sa famille et ses collègues. Sa femme croit même qu’il a une liaison.
Masayuki Suo, réalisateur de la Nouvelle Vague Rikkyo
Né en 1956, Masayuki Suo fait partie de la « Nouvelle Vague Rikkyo » des années 1990. Cette génération renouvelle le cinéma japonais avec audace.
Suo commence sa carrière dans le cinéma pink avec La Famille perverse en 1983. Puis il se tourne vers la comédie avec Fancy Dance en 1989. Sumo do, sumo don’t (1992) lui apporte une première reconnaissance internationale.
Avec Shall we dance?, il confirme son talent pour les récits chaleureux. Son approche bienveillante envers ses personnages séduit immédiatement. Plus récemment, son film Talking the Pictures a remporté le Soleil d’Or au festival Kinotayo.
Un casting remarquable mené par Kôji Yakusho
Le réalisateur s’entoure d’excellents comédiens pour donner vie à son récit. Chaque personnage apporte sa couleur unique à l’histoire.
Kôji Yakusho livre une prestation magistrale dans le rôle de Sugiyama. Cet acteur reconnu excelle dans les rôles d’hommes ordinaires confrontés à leurs démons. Sa performance lui vaut plusieurs prix prestigieux.
Tamiyo Kusakari, danseuse de ballet professionnelle, fait ses débuts au cinéma. Elle incarne Mai avec une grâce naturelle remarquable. Son unique rôle cinématographique s’avère parfaitement réussi.
Naoto Takenaka offre un spectacle grandiose en élève excentrique. Sa « folie » contrôlée provoque de nombreux éclats de rire. Il confirme son statut d’acteur comique de premier plan.
Le casting comprend également Eriko Watanabe, Yu Tokui, et Hiromasa Taguchi.
Deux cameos de luxe complètent l’ensemble : Masahiro Motoki et Ren Ôsugi. Tous donnent vie à des personnages attachants et crédibles.
L’héritage de Shall we dance? et son remake américain
Ce chef-d’œuvre influenca durablement le cinéma japonais. Il prouve qu’un film local peut toucher un public international sans renier ses spécificités culturelles.
Hollywood remarque ce succès et produit un remake en 2004. Peter Chelsom réalise cette version américaine avec Richard Gere, Jennifer Lopez et Susan Sarandon. Cependant, l’original conserve toute sa force émotionnelle.
La version de Suo reste intemporelle par son message universel. Chacun peut s’identifier à cette quête de bonheur et d’épanouissement personnel. Le film questionne nos priorités avec délicatesse.
Aujourd’hui encore, Shall we dance? inspire de nombreux spectateurs. Son optimisme communicatif et ses personnages attachants en font un classique du cinéma japonais contemporain.
Adresse(s) : Reflet Médicis (3 rue Champollion, 75005 Paris)