Conférence
Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris
Colloque sur Tôgo Murano, architecte japonais du 20e siècle.
Avec plus de 300 bâtiments construits, Tôgo Murano fut l’architecte le plus prolifique du 20e siècle au Japon. Il est aussi l’un des moins connu.
Avec l’aide de l’éminent architecte Kengo Kuma, de Kazuto Kasahara, dépositaire de l’archive Murano au Kyoto Institute of Technology, et en présence des petites-filles Atsuko et Tomoko Murano, ce colloque apportera un éclairage inédit sur sa vie, sa carrière et son œuvre.
De plus, l’artiste et photographe Martin d’Orgeval vous fera part de ses sentiments sur l’œuvre de Murano à travers ses photos lors de cette présentation.
Conférence également accessible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=4OOEi8OWUAk !
En français et en japonais avec traduction consécutive.
Tôgo Murano
Tôgo Murano (15 mai 1891 – 26 novembre 1984) est l’un des architectes japonais les plus influents du XXe siècle.
Prolifique et polyvalent, il a réalisé plus de 300 bâtiments, allant des infrastructures publiques aux hôtels et grands magasins.
Son approche, souple et éclectique, mêle modernité et tradition japonaise, notamment à travers le style sukiya.
Formation et influences
Murano commence ses études en génie électrique à l’université Waseda en 1913, avant de se tourner vers l’architecture. Il obtient son diplôme en 1918.
Contrairement à ses contemporains, il s’installe à Osaka plutôt qu’à Tokyo et rejoint le bureau de Setsu Watanabe. Pendant onze ans, il y travaille sur divers projets : immeubles commerciaux, bâtiments culturels et infrastructures.
En 1920, un voyage d’étude en Amérique et en Europe enrichit sa vision. Il découvre les courants occidentaux et élargit son vocabulaire architectural.
Neuf ans plus tard, il fonde son propre studio et affine son style. Fasciné par le sukiya, il s’inspire des pavillons de thé pour créer des bâtiments à la fois élégants et épurés.
Réalisations emblématiques
Murano conçoit des bâtiments variés, parmi lesquels :
- La cathédrale mémoriale pour la paix mondiale (Hiroshima, 1954) : influencée par l’architecture byzantine, elle intègre des briques faites des cendres de la bombe atomique.
- Kasuien, annexe de l’hôtel Miyako (Kyoto, 1959) : un hommage au style sukiya, alliant acier, béton et jardins japonais.
- Le monastère trappiste de Nishinomiya (1969) : conçu en harmonie avec la nature, il est souvent comparé au couvent Sainte-Marie de La Tourette de Le Corbusier.
- Le musée d’art Tanimura (1983) : un chef-d’œuvre aux formes organiques, pensé pour une immersion totale du visiteur.
Une vision singulière de l’architecture
Murano refuse d’adhérer aux courants modernistes dominants. Contrairement à Antonin Raymond ou Kenzô Tange, il ne suit pas une idéologie stricte.
Son approche est avant tout pragmatique : répondre aux besoins des clients tout en valorisant le raffinement et la tradition.
Ses bâtiments se distinguent par un travail minutieux sur les matériaux. Il juxtapose bois, pierre et verre pour enrichir textures et lumières. Cette attention aux détails donne une dimension vivante à ses œuvres.
Héritage et reconnaissance
Récompensé par l’Ordre de la Culture en 1967 et un doctorat honorifique de l’université Waseda en 1974,
Murano laisse un héritage durable. Aujourd’hui, son influence perdure, notamment chez Kengo Kuma, qui partage son intérêt pour les matériaux et l’intégration au paysage.
En alliant tradition et innovation, Murano a marqué l’histoire de l’architecture japonaise. Son travail reste une référence incontournable pour les architectes du 21e siècle
Site web : https://www.mcjp.fr/fr/la-mcjp/actualites/l-enigme-togo-murano
Adresse(s) : 101 bis quai Branly, 75015 Paris (Maison de la culture du Japon à Paris)GRANDE SALLE (NIVEAU -3)
Gratuit
Réservation possible