Du vendredi 1er au samedi 16 septembre 2023
Organisé par : Espace Japon
Espace Japon présente une exposition dévoilant les cartons utilisés pour la création de deux des cinq tapisseries Ghibli par la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson !
En partenariat avec le Musée du Quai Branly, qui expose la majestueuse tapisserie Ashitaka soulage sa blessure démoniaque inspirée de Princesse Mononoké dans son hall jusqu’à fin août 2023, Espace Japon décore ses murs de deux scènes inoubliables tirées des films de Hayao Miyazaki : Le Voyage de Chihiro et Le Château ambulant.
Ces reproductions en couleurs sur carton ont été spécialement ajustées à la hauteur de la galerie d’Espace Japon.
Admirez ces magnifiques cartons et plongez dans l’univers enchanteur de Miyazaki !
L’imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d’Aubusson
La Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson s’est associée au Studio Ghibli pour un projet de tapisseries monumentales inspirées des films de Hayao Miyazaki Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant, Princesse Mononoké et Nausicaä de la Vallée du Vent, etc.
L’ensemble de la tenture, débuté en 2020, sera achevé d’ici la fin de l’année 2023. La 4e tapisserie, extraite du film Le Château ambulant, a été révélée au public le 16 juin 2023 à Aubusson.
Découvrez à Espace Japon les cartons des tapisseries Le Banquet du Sans visage tirée d’une scène de Le Voyage de Chihiro et La Peur de Hauru extraite de Le Château ambulant (3 x 7,50 mètres ou 3 x 5,60 mètres).
Le Banquet du Sans visage
Dans sa quête pour retrouver ses parents transformés en porcs, Chihiro est aidée par Sans visage. Cependant, celui-ci devient subitement glouton et énorme, causant la destruction du banquet en réclamant la présence de la fillette.
Chihiro parvient à faire avaler une boulette de plantes médicinales au Sans visage, offerte par l’esprit de la rivière. Cela le fait vomir et régurgiter tous les êtres qu’il avait dévorés.
Le Sans visage, dépourvu d’humanité ? Cette chimère solitaire est en quête d’identité, d’une connaissance de soi-même. Pris dans un jeu de désir, de séduction et de possession, il lutte pour être sans y parvenir.
Le décor orné de démons peints et de mets entassés met en évidence l’aspect excessif de cette créature perdue. L’innocence et la générosité de Chihiro s’opposent à lui avec une certaine insatisfaction, lui assignant une place qui pourrait ouvrir la voie à une amitié.
La Peur de Hauru
Hauru, le magicien transformé en oiseau, rentre épuisé d’une bataille. En rangeant le château, Sophie a involontairement déplacé ses affaires, ce qui a fait changer la couleur des cheveux blonds de Hauru en noir.
Plongé dans la dépression, Hauru se confie à Sophie, exprimant sa peur et son sentiment d’échec dans ses responsabilités de sorcier lors de la guerre menée par le roi contre un autre pays. Il demande à Sophie de se rendre chez la Sorcière royale Suliman en se faisant passer pour sa mère, afin d’annoncer son refus de combattre.
La relation avec le domestique et l’espace du quotidien est récurrente, et dans la chambre couverte de souvenirs d’enfance tels que grigris et peluches, l’héroïne fait face au jeune homme figé dans l’incapacité de surmonter ses peurs, restant prisonnier de l’adolescence.
Les thèmes de la mort et de la vie, du choix de son mode d’existence et du soin apporté à l’autre, traversent cette histoire d’initiation. La puissance et le courage du féminin sont des éléments centraux dans l’œuvre de Hayao Miyazaki.
Les cartons de tapisserie
Les cartons jouent un rôle crucial dans la création des tapisseries. Au 19e siècle, les peintres-cartonniers fournissaient des modèles à base d’huiles ou de gouaches, laissant aux ateliers la responsabilité d’adapter la maquette en carton aux dimensions de la tapisserie. Les lissiers ont ainsi développé une vaste gamme de couleurs et travaillé sur un tissage fin pour adapter la peinture à l’huile ou à la gouache à la technique de la tapisserie.
Avec l’émergence des artistes-cartonniers au 20e siècle, la conception des cartons a évolué. Ils ont adapté eux-mêmes des maquettes en carton à l’échelle de la future tapisserie, inversant gauche et droite pour correspondre au tissage à l’envers, et ont numéroté le carton pour indiquer les couleurs. Cette réécriture de l’œuvre originale s’adapte aux spécificités de la technique de la tapisserie.
Pendant longtemps, le carton préparatoire était considéré comme un simple outil et était jeté une fois endommagé, après avoir réalisé une copie « propre ».
Aujourd’hui, selon le type de maquette, la méthode de travail, la taille des ateliers et les choix artistiques, les cartons peuvent être réalisés par un cartonnier ou directement par les lissiers, en utilisant des impressions numériques ou des tirages photographiques qui peuvent être retravaillés. Ainsi, le carton peut s’éloigner plus ou moins de l’œuvre originale.
Il peut être simplement agrandi à l’échelle de la tapisserie avec quelques indications, ou représenter une transcription fidèle de l’image modèle et de ses couleurs conçues par l’artiste.
Il peut également correspondre à une traduction complète de l’œuvre, avec des variations et des dégradés transposés en codes graphiques indiquant des techniques de tissage spécifiques, et les couleurs peuvent être remplacées par des numéros correspondant à une gamme de fils de laine spécifique obtenue grâce à des recherches colorimétriques.
À Aubusson, l’Atelier-Musée des Cartons, créé par l’association AM’carta, abrite une précieuse collection de cartons, préservant, exposant et transmettant le savoir-faire des cartonniers.
Ouverte le mardi 4 juillet 2023, l’exposition fait une pause pendant la fermeture d’Espace Japon et de son café au mois d’août.
Site web : https://www.espacejapon.com/les-cartons-de-la-tapisserie-daubusson/
Adresse(s) : 12 Rue de Nancy, 75010 Paris (Espace Japon)
Gratuit
Ouvert les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi
De 12:00 à 19:00, sauf le samedi de 12:00 à 18:00