Du lundi 28 septembre au samedi 24 octobre 2026
Organisé par : Galerie Da-End
La nature morte au cœur de l’œuvre plastique de Satoshi Saïkusa.
La Galerie Da-End présente Still Life, une exposition consacrée à l’œuvre plastique de Satoshi Saïkusa, du 28 septembre au 24 octobre 2026.
Cette date relie deux temps : celui de la disparition de l’artiste, en 2021, et celui du retour de ses œuvres, cinq ans plus tard, dans ce lieu qui fut un temps son atelier.
Plusieurs séries sont exposées.
Still Life, un vocabulaire traversé par l’impermanence
Photographe de mode, portraitiste et plasticien japonais, Satoshi Saïkusa a développé, parallèlement à sa carrière internationale, une œuvre personnelle où la photographie devient matière : composée, découpée, fragmentée, épinglée, recomposée.
Fleurs, papillons, crânes, corps et objets y forment un vocabulaire traversé par la conscience de l’impermanence.
Entre éclosion et altération
L’exposition réunit un ensemble d’œuvres tendues entre l’éclosion et l’altération, le désir et la disparition.
Une fleur s’épanouit tandis qu’une autre se fane ; les papillons côtoient les crânes.
La mort n’y apparaît pas comme une fin : elle affleure au cœur même du vivant.
Bon’nō II, un cycle continu entre désir et renaissance
Le titre Bon’nō renvoie aux passions et attachements qui, dans la pensée bouddhique, lient les êtres au monde.
Un bouquet exubérant jaillit de l’obscurité, construit à partir d’une multitude de pastilles photographiques de fleurs, parmi lesquelles se dissimulent des fragments et détails érotiques.
Un écho au mujō, l’impermanence bouddhique
Les fleurs s’élèvent puis retombent vers le sol, où affleurent deux crânes et grouillent de véritables spécimens entomologiques.
Cette perpétuelle transformation fait écho au mujō, l’impermanence de toute chose : chez Satoshi Saïkusa, la beauté ne s’oppose pas à la disparition, elle en porte déjà la possibilité.
À perte de vue, un dialogue avec l’aquarelle
Réalisée en 2021, la série À perte de vue est née en dialogue avec les aquarelles de Mykola Tolmachev.
Satoshi Saïkusa y photographie des fleurs qu’il choisit d’imprimer sur papier japonais kozo, recherchant dans cette matière une proximité avec la transparence de l’aquarelle.
Une même ligne d’horizon
D’une image à l’autre revient une même ligne d’horizon, qui traverse indifféremment la fleur vivante et celle qui s’est fanée.
La photographie porte elle-même ce paradoxe : elle saisit ce qui est vivant tout en le soustrayant au temps.
Blue Paris, la mémoire des attentats de 2015
Au lendemain des attentats de Paris en 2015, Satoshi Saïkusa photographie les fleurs déposées spontanément sur les lieux des attaques, en hommage aux victimes.
Il découpe ensuite ces images en une multitude de pastilles photographiques, qu’il assemble pour recomposer une forme humaine.
Des fleurs de deuil recomposées en corps
À distance, l’œil perçoit une silhouette ; en s’approchant, celle-ci se défait en centaines de fragments de fleurs, traces d’un geste collectif de deuil.
La photographie conserve ainsi la mémoire des fleurs après leur disparition physique, leur permettant de produire une nouvelle image.
Satoshi Saïkusa, du Japon à la mode internationale
Né en 1959 à Kyushu, Satoshi Saïkusa s’installe à Tokyo en 1978, avant de rejoindre Paris en 1984.
Il y découvre la photographie au contact du milieu de la mode et construit une carrière internationale de photographe de mode et de portraitiste.
Une collaboration durable avec Vogue Italia
À partir de la fin des années 1980, il collabore durablement avec Vogue Italia et Franca Sozzani.
Il photographie également de nombreuses figures de la création, parmi lesquelles Louise Bourgeois, Yayoi Kusama, Ellsworth Kelly, Willem Dafoe, Annie Lennox et Ryuichi Sakamoto.
La fondation de la Galerie Da-End
En 2010, Satoshi Saïkusa fonde à Paris la Galerie Da-End avec son épouse Quynh, rue Guénégaud, dans le 6e arrondissement. Cette année-là a été un tournant dans la vie de Satoshi. En effet, il a perdu sa mère et est devenu père d’une petite fille nommée Sola, ce qui signifie « ciel » en japonais.
Satoshi Saïkusa meurt au Japon le 28 septembre 2021. La galerie déménage en septembre 2025 au 21 rue de la Forge Royale, dans le 11e arrondissement, son ancien atelier.
Informations pratiques
Dates : du 28 septembre au 24 octobre 2026.
Vernissage : lundi 28 septembre 2026, de 18:00 à 21:00 (ouverture exceptionnelle).
Horaires habituels : du mardi au samedi, de 14:00 à 19:00.
Lieu : Galerie Da-End, 21 rue de la Forge Royale, 75011 Paris.
Tarifs : entrée libre.
Site web : http://www.da-end.com/
Adresse(s) : 21 rue de la Forge Royale, 75011 Paris (Galerie Da-End)