Du samedi 25 mai au samedi 29 juin 2024
Organisé par : Galerie Da-End
La Galerie Da-End présente sa 3e exposition de cet artiste japonais avant-gardiste des années 1970.
Toshio Saeki (1945-2019) était un dessinateur devenu icône de l’underground japonais.
Son œuvre est à la croisée des traditions japonaises du shunga (estampes érotiques nées au XVIIe siècle) et des yôkai (créatures surnaturelles issues du folklore japonais).
Il a aussi renouvelé le genre de l’ero-guro, mouvement artistique et littéraire japonais apparu vers 1930, combinant érotisme, éléments macabres et grotesques. L’écrivain Edogawa Ranpo en est considéré comme le créateur.
Ce genre remonte cependant aux origines du dessin japonais classique. Il a inspiré une riche iconographie à travers les siècles. Mais Saeki, en déclinant les motifs traditionnels, les confronte aux angoisses propres à sa génération, témoin des espoirs et désillusions des années 1970.
Son érotisme monstrueux bousculant d’autant plus fortement qu’il repose sur la puissance d’évocation et se déploie dans un dessin très pur. Hergé plongé dans les perverses pensées d’un Edogawa Ranpo.
Marius Chapuis pour Libération
La société humaine, sa violence et ses tares sont chez lui le théâtre de scènes dont la cruauté provoque l’effroi ou le rire. Elles poussent dans ses retranchements la mécanique du fantasme. Le sado-masochisme ne recouvre ici aucune réalité, il puise dans l’onirisme une forme de poésie macabre.
Toshio Saeki est alors stimulé par la censure qui sévit au Japon (il est prohibé de montrer les sexes). Il fait ainsi de l’interdit une contrainte artistique en déportant vers l’absurde et le surréalisme, le plus vieux sujet du monde.
Son graphisme épuré rappelle à beaucoup d’européens une certaine forme de « ligne claire ». Il semble cependant étrange tant pour le lecteur japonais que pour le lecteur occidental, chacun trouvant dans ce trait à la simplicité parfaite une forme d’exotisme inédit.
Auteur d’un imaginaire fantasque, Toshio Saeki aura dédié sa vie à retranscrire au plus près « ce qui se déroule dans sa tête dès qu’il ferme les yeux ».
Toshio Saeki
Toshio Saeki est né dans la préfecture de Miyazaki au sud-est du Japon. Il est âgé de quatre ans lorsque sa famille s’installe à Osaka.
Toshio Saeki va apprendre très jeune à dessiner. Après avoir fini le lycée, il commence à travailler dans la publicité.
En 1969, il déménage à Tokyo et va alors développer son propre univers. Il publie l’année suivante Saeki Toshio Gashuu son premier ouvrage, qui selon ses mots, évoque « une fresque cauchemardesque inspirée par l’imagerie japonaise traditionnelle ».
En 1971 il entame une collaboration régulière avec la revue érotique SM Selecto. Très populaire au Japon dans les années 1970, il est alors remarqué par John Lennon et Yoko Ono qui font reproduire l’un de ses dessins sur l’album Some Time in New York City. Il se voit par la suite consacrer de nombreuses expositions dans son pays et à l’international.
Le grand public français va le découvrir avec Japon Intime, édité en 1990 chez Albin Michel grâce à Romain Slocombe.
Il interrompt ses différentes collaborations avec la presse à la fin des années 1980. Il part alors vivre une forme de semi-retraite dans les montagnes de la préfecture de Chiba, à l’extérieur de Tokyo.
Cette exposition est réservée à un public averti.
Vernissage le 25 mai 2024 de 14:00 à 19:00.
Site web : https://www.da-end.com/next-toshio-saeki-hrone
Adresse(s) : 21 rue de la Forge Royale, 75011 Paris (Galerie Da-End)
Ouvert les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi
De 14:00 à 19:00