Du mercredi 8 au mardi 28 octobre 2025
Cette Carte Blanche sur le cinéma muet japonais présente une grande variété de films. Vous découvrirez notamment :
- des films de réalisateurs célèbres tels que Kenji Mizoguchi (Le Fil blanc de la cascade) et Daisuke Ito (Le Chevalier voleur),
- des films hollywoodiens avec Sessue Hayakawa (Where Lights Are Low de Colin Campbell), devenu une star après son installation aux États-Unis,
- des films documentaires sur le grand tremblement de terre de l’est du Japon,
- les premiers films d’animation japonais,
- et des œuvres expérimentales réalisées par des cinéastes indépendants.
Elle est présentée par les archives nationales du film (NFAJ), la seule institution nationale japonaise consacrée au cinéma. Elles ont pour mission la collecte, la conservation, la projection et l’exposition de films et de matériel lié au cinéma pour les générations futures, notamment du cinéma muet japonais.
Œuvres récemment restaurées
Le film Le Galopin (Yasujiro Ozu, 1929) est présenté dans la version la plus longue qui subsiste. Il s’agit d’un gonflage réalisé en 2023 à partir d’une copie 16 mm appartenant à Hideo Tsukiyama, vice-président du Ozu network, réseau créé pour partager les informations relatives à Yasujiro Ozu.
La copie 35 mm contient de nombreuses coupes nouvellement découvertes, telles que l’échange comique entre le garçon et le maître kidnappeur joué par Takeshi Sakamoto, et les plans en mouvement.
Chardon démoniaque (Kinugasa Teinosuke, 1927) est le film le plus ancien projeté. Il retrace les débuts de Hayashi Chojiro, qui a rejoint les studios Shochiku Shimokamo en 1927 et qui a connu une popularité fulgurante.
Le film, du moins un fragment de 14 minutes, a été restauré en 2022 à partir d’un positif nitrate 35 mm noir et blanc qui avait survécu à la Jugoslovenska Kinoteka. Il offre tout l’attrait des débuts de Hayashi Chojiro, y compris son agilité au combat à l’épée. Hayashi Chojiro a changé son nom de scène pour son vrai nom, Hasegawa Kazuo, lorsqu’il a été transféré à la Toho. Il est ainsi resté actif après la guerre, jouant dans des films de Teinosuke Kinugasa et de Kenji Mizoguchi.
Sélection de films documentaires sur Tokyo
Le grand tremblement de terre du Kantô de 1923 a causé d’énormes dégâts à Tokyo et dans la région du Kantô. Il a en tout entrainé 105 000 morts ou disparus.
Le Grand tremblement de terre du Kantô (1923) fournit un témoignage clair des incendies intenses qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Il comprend des images tournées peu de temps après le séisme. Il s’agit de l’un des films documentaires les plus complets sur cet événement dramatique. Le film montre les conséquences immédiates du tremblement de terre, et l’extinction de l’incendie.
Les Bonnes manières en public : visite touristique de Tokyo (Mori Kaname, 1926) est un film éducatif comique qui enseigne l’étiquette sociale dans un style narratif. Il documente également les rues de Tokyo trois ans après le tremblement de terre.
Symphonie de la reconstruction de la capitale impériale (1929) a été réalisée six ans et demi après la catastrophe, par le Bureau de la reconstruction, pour faire connaître ses travaux.
Les cinéastes indépendants Noburô Ôfuji et Shigeji Ogino
Dès la période du cinéma muet, les cinéastes indépendants sont actifs au Japon. La programmation présente plusieurs courts métrages de deux de ces cinéastes les plus remarquables.
Noburô Ôfuji a commencé par étudier avec Junichi Kouchi, le réalisateur du plus ancien film d’animation japonais L’Epée émoussée (1917). Il a plus tard sorti Les Voleurs du Château de Bagdad en 1926. Cette œuvre a été réalisée sur un type de papier japonais connu sous le nom d’Edo chiyogami, qui se caractérise par ses motifs aux couleurs vives.
Il a continué à produire des films d’animation en privé avec sa sœur Yae, en adoptant diverses techniques telles que le kirigami, les images sur celluloïd, les ombres chinoises et, après la Seconde Guerre mondiale, la cellophane colorée. Ces diverses techniques d’expression méritent d’être attentivement observées par les spectateurs.
Le film La Réalisation d’une animation en couleur (à l’origine en 16 mm, 1937) est un précieux témoignage du site de production de Noburô Ôfuji.
Shigeji Ogino était un cinéaste indépendant qui a dirigé la petite industrie du film amateur au Japon. Il a alors remporté de nombreux concours nationaux et internationaux. Ses œuvres abstraites rappellent les films de Viking Eggeling. On trouve notamment :
- Un jour après cent ans (à l’origine en 9,5 mm, 1933), une œuvre de science-fiction qui prédit l’avenir,
- et Ginza Shinkei (à l’origine en 9,5 mm, 1932), un film documentaire qui capte le paysage du quartier de Ginza.
Découvrez l’univers de Shigeji Ogino, qui transcende sans peine les frontières du genre et de la technique d’expression.
Vous pourrez découvrir d’autres chefs-d’œuvre japonais rares, tels que :
- Corne de brume de Minoru Murata (1934)
- ou encore The Scent of Pheasant’s Eye de Jiro Kawate (1935).
Séances spéciales et conférence autour du cinéma muet japonais
Séances avec présentation
Hidenori Okada, conservateur à la National Film Archive of Japan, présentera plusieurs séances, notamment :
- Mardi 21 octobre : Une page folle de Teinosuke Kinugasa
- Mercredi 22 octobre : The Scent of Pheasant’s Eye de Jirô Kawate
- Jeudi 23 octobre : programme Animation japonaise des premiers temps
- Vendredi 24 octobre : programme Yasujiro Ozu et Corne de brume de Minoru Murata
- Samedi 25 octobre : programme Noburo Ofuji
Hidenori Okada est impliqué dans l’archivage de films et de documents connexes, la programmation et l’éducation cinématographique. Il travaille comme conservateur d’expositions depuis 2007. Il a publié des essais et des études basés sur l’histoire du cinéma dans des publications universitaires et des ouvrages grand public.
Fabrice Arduini, Claire-Akiko Brisset, Ilan Nguyen Clément Rauger et Pascal-Alex Vincent présenteront également plusieurs séances.
Projections avec benshi Ichiro Kataoka
Le benshi Ichiro Kataoka, venu spécialement du Japon, présentera deux séances !
Les benshi étaient des figures puissantes dans l’industrie cinématographique japonaise du début du 20e siècle. En raison de leur immense popularité, ils ont en partie contribué à retarder l’introduction du cinéma parlant pendant plusieurs années.
Aujourd’hui, les benshi continuent d’accompagner des projections de films muets de leurs performances expressives, narrant à la fois l’histoire et les dialogues des personnages.
Ichiro Kataoka est le benshi le plus réputé de sa génération. Il accompagnera à la Fondation Pathé les projections de :
- Une page folle le mardi 21 octobre,
- The Scent of Pheasant’s Eye le mercredi 22 octobre.
Journée d’études « Entre France et Japon, une histoire transnationale du cinéma (1897-1929) »
Journée d’études le vendredi 17 octobre.
Cette journée d’études sera consacrée à l’histoire des relations transnationales entre France et Japon. Elle s’intéressera à l’exportation et à la distribution des films français au Japon pendant la période du cinéma muet, ainsi qu’à la réception du cinéma muet japonais en France et au japonisme dans la production française au cours de la même période.
Dirigée par Claire-Akiko Brisset et Stéphanie Salmon, elle s’appuiera sur les filmographies Lumière et Pathé, ainsi que sur un certain nombre de sources d’archives iconographiques et administratives.
Vous pourrez alors visionner un programme de films avec Max Linder (Pathé) distribués et conservés au Japon.
Informations pratiques
Site web : https://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com/event/3016
Adresse(s) : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (73 avenue des Gobelins, 75013 Paris)



