Du mercredi 11 au dimanche 15 mars 2026
Huit films japonais restaurés à (re)découvrir sur grand écran au Festival de la Cinémathèque.
Le Festival de la Cinémathèque française (ex-Toute la mémoire du monde) revient pour sa 13e édition, du 11 au 15 mars.
Avec le Festival de la Cinémathèque française, redécouvrez sur grand écran une centaine de films du monde entier, la plupart dans de magnifiques restaurations, à la Cinémathèque et aussi dans plusieurs salles d’Île-de-France.
Avec un riche programme de rencontres, ciné-concerts et conférences.
Cette année, huit films japonais restaurés seront projetés à Paris.
Au programme : six œuvres des studios Kadokawa et deux classiques signés Naruse et Imamura. Ces restaurations 4K offrent une nouvelle vie à des films rares. Certains n’avaient jamais été distribués en France.
Chaque séance sera présentée par un spécialiste du cinéma japonais. L’occasion d’enrichir votre regard sur ces œuvres exigeantes.
Voici la programmation complète des projections japonaises :
- Jeudi 12 mars à 20:00 : Le Complot de la famille Inugami
- Vendredi 13 mars à 20:30 : La Preuve d’un homme
- Samedi 14 mars à 14:00 : Les Guerriers de l’Apocalypse (au Christine Cinéma Club)
- Samedi 14 mars à 14:00 : Ginza Cosmetics
- Samedi 14 mars à 17:00 : L’Évaporation de l’homme
- Samedi 14 mars à 21:00 : Sailor Suit and Machine Gun
- Dimanche 15 mars à 15:30 : La Légende des huit samouraïs (au Christine Cinéma Club)
- Dimanche 15 mars à 18:00 : L’École dans le viseur (au Christine Cinéma Club)
Les 50 ans de Kadokawa Pictures célébrés au Festival de la Cinémathèque
Les studios Kadokawa fêtent leur cinquantième anniversaire. Pour l’occasion, six films restaurés traversent cinquante ans de cinéma populaire japonais.
De 1976 à 1983, ces productions témoignent d’une période faste. Elles mêlent polar, fantastique, action et drame avec une inventivité rare. Chacune de ces œuvres a marqué son époque. Ensemble, elles composent un panorama fascinant du cinéma de genre japonais.
Le Complot de la famille Inugami : polar vénéneux de Kon Ichikawa
Kon Ichikawa adapte le roman de Seishi Yokomizo avec maestria. Son film orchestre un huis clos autour d’un héritage maudit.
L’intrigue dévoile ses secrets progressivement. Des rancœurs ancestrales empoisonnent une famille fortunée après la mort du patriarche. Le cinéaste mêle ironie et élégance formelle. Son regard distancié transforme l’enquête policière en ballet macabre où chacun dissimule ses véritables intentions.
Projection le jeudi 12 mars à 20:00, présentée par Miki Zeze.
La Preuve d’un homme : enquête mélancolique signée Junya Satō
À Tokyo, un jeune métis new-yorkais est assassiné. Cette mort violente fait resurgir un passé enfoui.
Junya Satō compose un polar urbain nourri de suspense. Son adaptation du best-seller de Seiichi Morimura scrute les cicatrices laissées par l’Histoire. Le film explore la mémoire coloniale et le drame intime. Il questionne également les relations entre le Japon et les États-Unis dans l’après-guerre.
George Kennedy et Toshiro Mifune portent cette œuvre singulière.
Projection le vendredi 13 mars à 20:30, présentée par Clément Rauger.
Sortie en Blu-ray et 4K UHD par Carlotta Films le 21 avril.
Les Guerriers de l’Apocalypse : fresque post-apocalyptique avec Sonny Chiba
Kōsei Saitō propulse des soldats japonais modernes dans le temps. Ils se retrouvent plongés au cœur d’une guerre médiévale sanglante.
Le film dialogue entre codes du cinéma d’exploitation et film de sabre. Cette hybridation audacieuse donne naissance à une œuvre inattendue. Sonny Chiba incarne un officier rongé par la volonté de puissance. Son personnage ambivalent veut changer le cours de l’histoire, quitte à tout détruire.
Violence stylisée, vengeance et visions mystiques se côtoient. Entre Apocalypse Now et Kagemusha, cette fresque métamorphose la survie en tragédie guerrière.
Projection Hors les murs le samedi 14 mars à 14:00 au Christine Cinéma Club, présentée par Fabien Mauro.
Disponible en éditions UHD et Blu-ray chez Carlotta Films.
Sailor Suit and Machine Gun : fable pop de Shinji Sōmai
Une lycéenne hérite de la tête d’un clan de yakuzas. Cette situation absurde devient le point de départ d’un récit décalé.
Shinji Sōmai détourne les codes du film de gangsters. Sa mise en scène chorégraphique transforme la violence en ballet nostalgique. Hiroko Yakushimaru illumine le film de sa grâce magnétique. Son interprétation fait basculer l’œuvre du côté de la fable pop sur l’adolescence.
Projection le samedi 14 mars à 21:00, présentée par Miki Zeze et Stéphane Du Mesnildot.
Ressortie en salles par Carlotta Films.
La Légende des huit samouraïs : odyssée mythologique de Kinji Fukasaku
Kinji Fukasaku revisite les récits héroïques japonais. Il y injecte une énergie pulp et une imagerie flamboyante.
Des monstres surgissent, des effets spéciaux typiquement eighties explosent à l’écran. Le cinéaste transforme une quête de vengeance en odyssée mythologique. Ce divertissement généreux porte un souffle d’épopée populaire. Hiroko Yakushimaru, Hiroyuki Sanada et Sonny Chiba composent un trio charismatique.
Projection Hors les murs le dimanche 15 mars à 15:30 au Christine Cinéma Club, présentée par Clément Rauger.
L’École dans le viseur : teen movie fantastique de Nobuhiko Ōbayashi
Des lycéens affrontent une force surnaturelle. Sous ses apparences de divertissement foutraque, le film interroge des angoisses profondes.
Nobuhiko Ōbayashi explore la peur de grandir et l’héritage traumatique du Japon. Son œuvre flirte avec l’expérimental par ses ruptures de ton.
Les trucages artisanaux donnent une texture unique au film. Cette proposition audacieuse mêle fantastique adolescent et questionnements collectifs.
Projection Hors les murs le dimanche 15 mars à 18:00 au Christine Cinéma Club, présentée par Clément Rauger.
Deux classiques restaurés du cinéma japonais
Au-delà du cycle Kadokawa, deux autres films enrichissent la programmation. Ils représentent deux approches du cinéma japonais d’après-guerre.
Naruse et Imamura signent des œuvres aussi différentes que complémentaires. L’un explore la condition féminine, l’autre questionne les frontières du documentaire.
Ginza Cosmetics de Mikio Naruse
Mikio Naruse observe le Tokyo de 1951 avec une justesse poignante. Son film suit une geisha tourmentée, mère célibataire qui lutte pour subvenir aux besoins de son fils.
Le cinéaste dépeint la vie nocturne des bars de Ginza. Son regard attentif à la condition féminine fait écho au néoréalisme européen. Cette œuvre douce-amère révèle la précarité des femmes dans le Japon d’après-guerre. Kinuyo Tanaka et Kyōko Kagawa portent avec intensité cette chronique sociale.
Projection le samedi 14 mars à 14:00, présentée par Clément Rauger.
Restauration 4K supervisée par Toho Archive. Au cinéma le 15 avril 2026, distribué par Carlotta Films.
L’Évaporation de l’homme de Shōhei Imamura
Chaque année, des dizaines de milliers de Japonais disparaissent volontairement. Tadashi Oshima, représentant de commerce de 32 ans, fait partie de ces évaporés.
Shōhei Imamura embauche un acteur pour mener l’enquête. Celui-ci accompagne la fiancée du disparu dans sa traque désespérée. Le film brouille les frontières entre fiction et réalité. Cette proposition radicale offre un tableau incisif de la société japonaise tout en questionnant la nature même du cinéma.
Projection le samedi 14 mars à 17:00, présentée par Clément Rauger.
Informations pratiques pour le Festival de la Cinémathèque
La treizième édition du Festival de la Cinémathèque se déroule du 11 au 15 mars 2026. Une centaine de films restaurés seront projetés à la Cinémathèque française et dans onze salles partenaires en Île-de-France.
La billetterie ouvre le 11 février 2026.
Site web : https://www.cinematheque.fr/cycle/festival-de-la-cinematheque-13e-edition-1550.html
Adresse(s) : 51 rue de Bercy, 75012 Paris (La Cinémathèque française)
Réservation possible