Du vendredi 25 septembre au samedi 31 octobre 2026
Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris
Le père du jidaigeki, à l’honneur d’une rétrospective à la MCJP.
La Maison de la culture du Japon à Paris consacre une rétrospective au cinéaste Daisuke Itô, du vendredi 25 septembre au samedi 31 octobre 2026.
Intitulée Romantisme et rébellion dans le jidaigeki, cette programmation réunit huit films, dont plusieurs fragments rares de films muets.
Daisuke Itô, le père du jidaigeki moderne
Né en 1898 à Uwajima, dans la préfecture d’Ehime, Daisuke Itô s’installe à Tokyo en 1920.
Il y écrit des scénarios pour les studios Shôchiku, avant de passer à la réalisation en 1924.
Il se fait connaître en 1927 avec Le Journal de voyage de Chuji, un film en trois parties aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre du jidaigeki.
Un montage nerveux qui vaut à Daisuke Itô son surnom
Autour des années 1930, Daisuke Itô devient le réalisateur japonais qui connaît le plus grand succès, à la fois artistique et commercial.
Il révolutionne le film de sabre par un montage nerveux et des mouvements de caméra audacieux. Ce style lui vaut le surnom d’Idô Daisuki, « fou de mouvement », un jeu de mots sur son nom.
Des marginaux et des vaincus au premier plan
Loin des figures héroïques traditionnelles, Daisuke Itô place au premier plan les marginaux, les vaincus et les humbles.
Il leur apporte une expérience psychologique et sentimentale inédite pour l’époque.
Sa carrière s’étend sur près d’un demi-siècle : il réalise une centaine de films entre 1924 et 1970, et écrit deux cents scénarios entre 1920 et 1971.
Les films présentés lors de la rétrospective
La rétrospective réunit des fragments rares de films muets disparus, ainsi qu’une sélection d’œuvres d’après-guerre.
Deux séances sont accompagnées par une performance du benshi Ichirô Kataoka.
La Tête du serviteur (1955)
Avec Jun Tazaki, Michiyo Aratama et Eitaro Ozawa.
Accompagné de son fidèle serviteur, un jeune samouraï parcourt le Japon à la recherche du meurtrier de son père.
Auto-remake d’un film muet de 1927, ce film illustre le genre du « voyage de vengeance », cher au cinéma jidaigeki.
Séances : vendredi 25 septembre à 19:30, samedi 31 octobre à 19:30.
Le Trône du maître de nô (1953)
Avec Kazuo Hasegawa, Kinuyo Tanaka, Yûji Hori et Keiko Kishi.
Le chef d’une lignée d’acteurs de nô prépare son fils à lui succéder. Ce dernier doit se produire devant le shôgun lors d’une représentation décisive, mais il s’enfuit et tente de se suicider.
Un drame raffiné sur la transmission d’un art et le conflit entre héritage et liberté.
Séances : samedi 26 septembre à 15:00, vendredi 30 octobre à 19:30.
Les Fourberies de Benten Kozô (1958)
Avec Raizô Ichikawa, Kyôko Aoyama et Mieko Kondô.
Un dignitaire du shogunat retient captive une jeune femme. Benten Kozô, escroc aussi charmeur qu’ingénieux, profite de la situation pour le faire chanter et sauver la jeune fille.
Cette comédie adapte une pièce de kabuki, avec la star des studios Daiei, Raizô Ichikawa.
Séance : samedi 26 septembre à 18:00.
Le Palanquin mystérieux (1951)
Avec Tsumasaburô Bandô, Ryûnosuke Tsukigata, Kinuyo Tanaka et Isuzu Yamada.
Ce thriller historique décrit les intrigues politiques et les luttes d’influence au sein du palais shogunal, à la fin du 18e siècle.
Un pur film de divertissement qui rappelle que Daisuke Itô fut un maître du suspense, en tant que réalisateur mais aussi scénariste.
Séance : jeudi 1er octobre à 19:30.
L’Amant couvert de blessures (1960)
Avec Raizô Ichikawa, Keiko Awaji et Naomi Fuji.
La vie tumultueuse et tragique du fils adoptif d’un grand marchand d’Edo, tombé dans la déchéance après s’être épris de la maîtresse d’un influent yakuza.
Les décors sont grandioses, pour cette adaptation d’une pièce de kabuki écrite par Joko Segawa III en 1853.
Séances : jeudi 1er octobre à 17:00, mercredi 28 octobre à 19:30.
Trois films muets de Daisuke Itô, en un seul programme
Ce programme réunit trois films muets, présentés dans des versions incomplètes.
Dans Le sabre de la rancœur (1926, avec Denjirô Ôkôchi), un activiste mène un combat désespéré contre les autorités à la veille de la chute du shogunat.
Dans Duel sanglant à Takadanobaba (1928), un samouraï se lance dans une vengeance brutale après avoir appris trop tard le duel de son oncle.
Dans Le sabre coupeur d’hommes et éventreur de chevaux (1929), un samouraï sans maître prête main-forte à des paysans révoltés contre leur gouverneur corrompu.
Séances : vendredi 2 octobre à 17:00 (avec le benshi Ichirô Kataoka et Satsuki Hoshino au piano), jeudi 29 octobre à 19:30 (avec Satsuki Hoshino au piano).
Le Chevalier voleur (1931)
Avec Denjirô Ôkôchi, Naoe Fushimi et Nobuko Fushimi.
Un célèbre brigand découvre que l’un de ses vols a condamné une jeune femme à la prostitution. Rongé par le remords, il tente de réparer les conséquences de ses actes.
Il s’agit du seul film presque entièrement conservé issu de la collaboration entre Daisuke Itô et Denjirô Ôkôchi, l’un de ses acteurs fétiches à l’époque du muet.
Séance : vendredi 2 octobre à 19:30, avec le benshi Ichirô Kataoka et Satsuki Hoshino au piano.
Le Maître d’échecs (1948)
Avec Tsumasaburô Bandô, Mitsuko Mito et Miki Sanjo.
Vers 1920, un modeste artisan d’Osaka est dévoré par la passion du shôgi, le jeu d’échecs japonais. Il se confronte un jour au champion de Tokyo, prêt à tout pour le battre.
À une époque où les films de sabre sont interdits par l’occupant américain, Daisuke Itô transpose les codes du genre dans ce récit contemporain inspiré d’un fait réel.
Séance : samedi 3 octobre à 19:30.
Toutes les séances, jour par jour
- Vendredi 25 septembre, 19:30 : La Tête du serviteur
- Samedi 26 septembre, 15:00 : Le Trône du maître de nô
- Samedi 26 septembre, 18:00 : Les Fourberies de Benten Kozô
- Jeudi 1er octobre, 17:00 : L’Amant couvert de blessures
- Jeudi 1er octobre, 19:30 : Le Palanquin mystérieux
- Vendredi 2 octobre, 17:00 : Le Sabre de la rancœur, Duel sanglant à Takadanobaba et Le Sabre coupeur d’hommes et éventreur de chevaux (avec benshi et piano)
- Vendredi 2 octobre, 19:30 : Le Chevalier voleur (avec benshi et piano)
- Samedi 3 octobre, 19:30 : Le Maître d’échecs
- Mercredi 28 octobre, 19:30 : L’Amant couvert de blessures
- Jeudi 29 octobre, 19:30 : Le Sabre de la rancœur, Duel sanglant à Takadanobaba et Le Sabre coupeur d’hommes et éventreur de chevaux (avec piano)
- Vendredi 30 octobre, 19:30 : Le Trône du maître de nô
- Samedi 31 octobre, 19:30 : La Tête du serviteur
Informations pratiques
Cette rétrospective est organisée en collaboration avec le festival Il Cinema Ritrovato de Bologne. Les séances en présence du benshi bénéficient du soutien de la Yanai Initiative for Globalizing Japanese Humanities. Les copies 35 mm proviennent du National Film Archive of Japan, de la Fondation du Japon et du Toy Film Museum.
Dates : du vendredi 25 septembre au samedi 31 octobre 2026
Lieu : petite salle (rez-de-chaussée) de la Maison de la culture du Japon à Paris, au 101bis quai Jacques Chirac, 75015 Paris.
Tarifs :
- 6 euros par séance,
- 3 euros en tarif réduit et pour les adhérents de la MCJP.
Site web : https://www.mcjp.fr/fr/la-mcjp/actualites/retrospective-daisuke-ito