Du mardi 20 au samedi 24 octobre 2026
Galeries de Tokyo, artistes japonais et prix Matsutani à la Monnaie de Paris.
Asia NOW, salon de l’art contemporain asiatique à Paris, tient sa 12e édition du mardi 20 au samedi 24 octobre 2026, à la Monnaie de Paris. Une preview VIP a lieu le lundi 19 octobre.
Plusieurs galeries y présentent des artistes japonais, et le prix Matsutani est remis pendant le salon.
Asia NOW 2026, une 12e édition consacrée à la valeur sentimentale
Le salon réunit plus de 150 artistes d’Asie et de ses diasporas, présentés par une soixantaine de galeries, d’institutions et de fondations privées.
Il se veut un espace d’échange, de circulation et d’influence, où l’Asie est une méthode et un mouvement, plus qu’une simple géographie.
Un salon fondé en 2014
Fondé en 2014, Asia NOW présente chaque année les nouvelles perspectives et les enjeux de l’art contemporain asiatique et de son marché.
Pour cette 12e édition, la Monnaie de Paris accueille de nouveau le salon.
Sentimental Value, la mémoire de la terre
Le thème de cette édition, Sentimental Value, part de l’image de la terre, qui garde la trace des cycles, des récoltes et des déplacements sans jamais les expliquer.
Les objets que l’on garde, eux aussi, se souviennent à notre place. Leur valeur se forme par l’attachement, l’usage, la mémoire et même le délabrement.
Le salon se veut ainsi un lieu de relations, de communauté et de continuité, plus qu’un simple espace de transaction.
La Galerie Taménaga à Asia NOW, trois artistes japonais
La Galerie Taménaga réunit Wataru Ozu, Chiharu Yakushigawa et Takehiko Sugawara. Ces trois artistes contemporains aux univers singuliers dialoguent entre les générations, ainsi qu’entre figuration et abstraction.
Leurs œuvres interrogent ce qui se joue au-delà de la surface : la mémoire des images, celle du corps et celle de la terre.
Wataru Ozu, la réinterprétation des motifs de l’histoire de l’art
Né à Tokyo en 1991, Wataru Ozu découvre les grands maîtres de la peinture occidentale lors d’un séjour à l’étranger. De cette rencontre naît une fascination pour le motif à travers l’histoire de l’art, qu’il réinterprète régulièrement.
Son travail revisite des références qui ont traversé les époques, avec un regard contemporain.
Chiharu Yakushigawa, une peinture à mains nues
Née en 1989 dans la préfecture de Shiga, Chiharu Yakushigawa développe une pratique sensorielle, où le corps devient un outil de création. Elle est influencée par le mouvement Gutai, notamment par l’énergie de Kazuo Shiraga, mais adopte une approche plus maîtrisée, attentive à la beauté de la couleur et à la souplesse du geste.
Chiharu Yakushigawa broie ses pigments à la main, selon la technique traditionnelle de la tempera nerikomi. Elle applique ensuite la peinture directement avec ses mains et ses pieds, comme si sa présence pouvait s’incarner sur la toile.
Takehiko Sugawara, une figure du nihonga contemporain
Né à Tokyo en 1962 et décédé en 2025, Takehiko Sugawara est une figure majeure du nihonga contemporain. Il puise dans les techniques anciennes de la peinture japonaise pour créer des compositions abstraites, inspirées de la nature.
Pigments minéraux, papier washi, feuilles d’or et de platine servent une peinture qui cherche moins à reproduire un paysage qu’à traduire l’énergie invisible qui l’anime.
Kaikai Kiki Gallery, la galerie de Takashi Murakami, à Asia NOW
La galerie tokyoïte Kaikai Kiki Gallery présente quinze artistes, dont quatorze japonais.
Elle a pour propriétaire l’artiste Takashi Murakami. Elle gère les artistes et vend leurs œuvres, pour créer la valeur sociale de l’art. La galerie invite des artistes japonais et étrangers, et sert de détonateur entre la société et l’art.
Chiho Aoshima et MADSAKI, deux univers très différents
Chiho Aoshima débute avec une série d’impressions chromogènes, réalisées avec Adobe Illustrator. Elle produit ensuite des animations numériques, des sculptures et des peintures à la main. Ses images abordent surtout les yôkai et les esprits des cimetières.
Elle explore ainsi, par un dialogue avec l’extra-dimensionnel, le paysage de son propre inconscient. Elle vit depuis dix ans à côté d’un cimetière.
MADSAKI naît en 1974 dans la préfecture d’Osaka, et déménage dans le New Jersey en 1980. Il y vit de 6 à 30 ans, et sort de la Parsons School of Art and Fine Arts en 1996. Il retourne au Japon en 2004. MADSAKI crée ses œuvres à partir de phrases provocantes et satiriques, et de chefs-d’œuvre historiques, au moyen d’un usage hardi de la bombe de peinture. Il y dépeint une identité forgée entre le Japon et les États-Unis.
Tomoyumi et les autres artistes de la galerie
Tomoyumi naît dans la préfecture de Tochigi et sort du département de peinture à l’huile de l’université des arts de Tokyo. En avril 2023, il reçoit le prix spécial Classic au GEISAI #22 & Classic.
Parmi les autres artistes japonais de la galerie figurent Chinatsu Ban, Hideyasu Moto, Hideki Maekawa, Isoo Togawa, Mai Kurotaki, YEYE, Ruo-Hsin Wu, Zangano, Iori Nagashima, Saori Nagata et Haruka Kawakami. La galerie présente aussi Alison Friend.
Tedō, une galerie itinérante consacrée aux savoir-faire japonais
Tedō est une galerie itinérante et un projet curatorial. Elle présente des artistes contemporains du Japon, dont le travail s’ancre dans des savoir-faire transmis, entre tradition et expression contemporaine. Elle travaille en lien direct avec les artistes et les artisans au Japon, dans la durée.
Irène Elenkova-Cheminat est à l’origine de Tedō. Ses vingt années de vie en Asie ont nourri un lien profond avec le Japon. Le nom « Tedō » unit deux kanji : 手 (te), la main, et 道 (dō), la voie. Ensemble, ils évoquent la Voie de la Main, une idée qui lie tradition et mouvement.
Kenta Hirai, des sculptures en cèdre de Yoshino
Kenta Hirai allie un savoir-faire d’ébéniste et une sensibilité de designer, pour créer des sculptures et du mobilier où l’art rencontre la fonction. Il se forme à l’université d’art et de design de Kyoto, puis aux techniques traditionnelles à Hida Takayama. Kenta Hirai approfondit sa recherche au Joseph Walsh Studio, en Irlande, avant d’établir son atelier dans la région de Yoshino, à Nara.
Il travaille le sugi de Yoshino, un cèdre japonais au grain fin, en lamelles d’environ 1,5 mm. Il les superpose, les lamine, puis les courbe à la main, sans moule ni chaleur. Les formes organiques qui en résultent semblent respirer et vibrer de l’intérieur.
Il a collaboré avec des architectes contemporains, dont Kengo Kuma. Son assise sculpturale Yoshino 1seater chair, primée au Japon en 2024, a été présentée à l’Exposition universelle d’Osaka en 2025.
Ko Kado, un maître du karakami
Ko Kado est l’un des rares maîtres contemporains du karakami, un art ancestral d’impression sur papier washi, utilisé pour décorer les cloisons des maisons et des temples japonais. Il étudie le design produit au Japon, puis le design graphique aux États-Unis, et travaille comme designer à New York.
De retour au Japon, il se forme pendant cinq ans dans un atelier de karakami de Kyoto, dans une tradition de treize générations, où il est le seul artisan admis en dehors de la lignée familiale. Il fonde son atelier, Kamisoe, en 2009.
Ko Kado a collaboré avec des designers et des architectes, dont Hiroshi Sugimoto et Ryuichi Sakamoto. Il a aussi pris part à des projets de recherche et de restauration, notamment autour des ouvrages Saga-bon du 17e siècle.
Masayoshi Nojo et Hideo Ohsumi, deux artistes japonais chez des galeries de Londres et de Taipei
Deux galeries étrangères présentent chacune un artiste japonais : la JD Malat Gallery, de Londres, également présente à Dubaï, avec Masayoshi Nojo, et la Galerie OVO, de Taipei, avec Hideo Ohsumi.
Masayoshi Nojo, des forêts en feuille d’argent à la JD Malat Gallery
Né en 1989 dans la préfecture de Kanagawa, Masayoshi Nojo est titulaire d’un master de nihonga de l’université des arts de Kyoto. Il photographie lui-même des forêts et des paysages naturels, qu’il déconstruit puis recompose. Il en réduit la spécificité, pour faire émerger des scènes empreintes de familiarité et de déjà-vu.
Masayoshi Nojo associe l’inkin, technique décorative traditionnelle de feuille métallique appliquée à l’adhésif, à la sérigraphie contemporaine. La feuille d’argent change d’aspect selon la météo et l’heure de la journée. Elle offre une expérience visuelle proche du mirage, d’où le titre de sa série, Mirage, et donne aux œuvres une beauté silencieuse et contemplative.
Ses expositions personnelles incluent Hone Intuition à la JD Malat Gallery de Dubaï en 2026, et Rest in Silver à celle de Londres en 2024. Il a aussi participé à Art Fair Tokyo en 2024 et 2025, et à IMA KYOTO à la Galerie Taménaga de Kyoto en 2025.
Hideo Ohsumi, un sculpteur formé à l’université des arts de Tokyo, à la Galerie OVO
Né en 1955 à Sendai, Hideo Ohsumi se destine d’abord au design. Mais il se laisse happer par la sculpture en plein air. Au collège, le musée Chōkoku no Mori ouvre juste en face de son école, et sa visite le marque durablement. Il sort du département d’artisanat d’art de l’université des arts de Tokyo en 1980, puis termine son master en 1982. Son œuvre de fin d’études est achetée par l’université.
Dès 1981, il reçoit une mention honorable au 2e Grand Prix Henry Moore. Il expose notamment à Séoul en 1986, à Montréal en 1987, et à la 19e Exposition de la sculpture japonaise contemporaine en 2001, où il reçoit le prix du musée de Shimonoseki. Il participe aussi à la 24e Biennale d’Ube en 2011.
Ses œuvres sont installées ou conservées dans de nombreux lieux, dont l’université des arts de Tokyo, le musée d’art d’Iwaki, le musée des sciences de Hamamatsu et la Saitama Shintoshin. Il enseigne aujourd’hui à temps partiel à l’université Tokai et à l’université d’art et de culture de Shizuoka.
La Galerie PJ, à Metz, et l’artiste japonais Shinpei Okawa
La Galerie PJ est installée au cœur de Metz. Elle est née de la collaboration de Pierre et de Jisun, deux professionnels de l’art contemporain. À Asia NOW, elle présente notamment l’artiste japonais Shinpei Okawa.
Pierre débute dans le monde de l’art en lançant une galerie en ligne à 18 ans. À 31 ans, il cofonde la Galerie PJ. Jisun étudie aux Beaux-Arts en Corée du Sud, puis se forme à la médiation culturelle à Paris. Ils se rencontrent en 2009, et fondent la galerie en 2020, pour découvrir et mettre en avant des œuvres d’art contemporain.
Shinpei Okawa, des palimpsestes visuels
Né en 1983 à Tokyo, Shinpei Okawa est diplômé de la faculté des beaux-arts de l’université des arts de Tokyo en 2009. Sa pratique mêle souvenirs personnels, traces d’autrui trouvées dans des scènes quotidiennes et fragments de l’histoire de l’art.
Ses compositions denses et superposées ressemblent à des palimpsestes visuels, où figures, objets et textures se chevauchent, dans un monde à la fois onirique et familier.
Il laisse les motifs émerger de manière organique, par un processus intuitif. Actif au Japon et à travers l’Asie, il explore les intersections de la mémoire, de la perception et de la matérialité.
Ses œuvres figurent dans des collections publiques, notamment à l’université Teikyo, à Tokyo, et au musée d’art de Gwangju, en Corée du Sud.
91.530 Le Marais à Asia NOW : Kazunori Hamana et Marie Hazard
91.530 Le Marais, ferme où l’art et l’agriculture se rencontrent, présente l’exposition Ce que la matière garde dans la cour du Péristyle de la Monnaie de Paris.
Elle réunit pour la première fois le céramiste japonais Kazunori Hamana et l’artiste textile française Marie Hazard.
Né en 1969, Kazunori Hamana vit et travaille à Isumi, dans la préfecture de Chiba. Ce céramiste autodidacte monte de grandes jarres, dans la lignée des tsubo préhistoriques, puis les laisse vieillir dehors, soumises aux éléments.
Marie Hazard, de son côté, tisse du chanvre, du lin et du papier.
Leurs œuvres, à l’échelle du corps, interrogent la mémoire des matériaux et la lenteur comme approche éthique de la création.
Le 20 octobre, 91.530 Le Marais ouvre par ailleurs 75.001, une galerie au cœur de Paris qui soutient les artistes d’Île-de-France.
Le prix Matsutani, le 19 octobre
Le prix Matsutani est remis le lundi 19 octobre, de 16:30 à 17:00, pendant Asia NOW.
Créé par la SHŌEN Foundation, ce prix annuel récompense un artiste installé en France, avec 5 à 25 ans d’expérience, pour l’originalité et la force de son travail. Il est doté d’une bourse de 15 000 euros.
Un jury d’artistes, de commissaires et de collectionneurs l’attribue. Le commissaire Cédric Fauq est le rapporteur invité de cette édition. Les quatre finalistes sont Camille Bree, Hatice Pinarbasi, Kim Farkas et Lucas Erin.
Informations pratiques
Dates : du mardi 20 au samedi 24 octobre 2026. La preview VIP a lieu le lundi 19 octobre.
Horaires : tous les jours, de 11:00 à 19:00.
Lieu : Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006 Paris.
Tarifs : 15 euros en plein tarif, 10 euros en tarif réduit. Le pass 3 jours coûte 30 euros, ou 20 euros en tarif réduit. L’entrée est gratuite pour les moins de 12 ans.
Le tarif réduit concerne, sur justificatif, les étudiants de moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi et les personnes handicapées avec un accompagnant.
Site web : https://www.asianowparis.com/