Du mercredi 10 au mercredi 24 juin 2026
Vingt films du studio japonais Nikkatsu projetés à la Cinémathèque française.
La Cinémathèque française consacre une rétrospective Nikkatsu au genre Roman porno du 10 au 24 juin 2026.
Vingt films produits entre 1971 et 1988 par ce studio légendaire sont projetés, accompagnés pour plusieurs séances par des chercheuses spécialisées.
Le cycle est organisé en partenariat avec la Nikkatsu et la Maison de la Culture du Japon à Paris.
Le roman porno, un genre né d’une stratégie de survie
En 1912, la Nikkatsu est la première major du cinéma japonais.
Au tournant des années 1970, elle perd la bataille face à la télévision et se retrouve au bord de la faillite. Sa réponse : se consacrer quasi exclusivement aux films érotiques, labellisés roman porno (contraction de « romance » et « pornographie »).
Le modèle de production est strict. Chaque film doit respecter un budget plafonné à 7,5 millions de yens, un tournage d’une semaine, pas de son direct, et une scène érotique toutes les dix minutes. Les actes sexuels sont simulés.
Pour le reste, réalisateurs et scénaristes disposent d’une liberté totale.
Entre 1971 et 1988, la Nikkatsu produit environ un millier de titres selon ce format.
Le genre devient un terrain d’expression pour une nouvelle génération de cinéastes, jusque-là bloqués par la hiérarchie des studios.
Un genre contesté, puis reconnu
Cinq films sont attaqués en justice pour obscénité, donnant lieu à un long feuilleton judiciaire. Les réalisateurs Shōhei Imamura et Nagisa Ōshima témoignent à la barre pour leur défense.
L’affaire se conclut sur un acquittement.
Le roman porno est depuis reconnu comme l’un des corpus les plus singuliers de l’histoire du cinéma japonais.
Les cinéastes du roman porno à la rétrospective Nikkatsu
Tatsumi Kumashiro
Figure majeure du genre, Tatsumi Kumashiro (1927-1995) est représenté par trois films dans le cycle : Rue de la joie (1974), Les Amants mouillés (1973) et Le Rideau de fusuma (1973).
Dans l’univers des maisons de tolérance et des salons de geishas, il compose des vignettes naturalistes où prostituées, soldats et marginaux forment une solidarité brève et organique.
Noboru Tanaka
Noboru Tanaka (1937-2006) filme les déclassés en dehors des chambres à coucher, dans la rue et les quartiers populaires.
Nuits félines à Shinjuku (1972) se déroule dans les « bains turcs » de Tokyo. Marché sexuel des filles (1974), partiellement en noir et blanc, plonge caméra à l’épaule dans la ville basse d’Osaka.
La Maison des perversités (1976) complète sa présence dans le cycle.
Chūsei Sone
Chūsei Sone (1937-2014) oscille entre films en costumes et odyssées mentales.
Histoire sexuelle de la lanterne pivoine (1972) est une version érotique d’un récit de fantôme classique. Angel Guts : Classe rouge (1979), considéré comme un chef-d’œuvre du genre, suit un spectateur obsédé par une actrice dans un Tokyo fantasmatique, au son d’une musique électronique entêtante.
Masaru Konuma
Masaru Konuma (1937-2023), spécialiste du BDSM, est aussi le plus intellectuel des réalisateurs du cycle.
La Vie secrète de madame Yoshino (1976) confronte le désir à un univers psychanalytique complexe. L’Enfer des jeunes filles (1977) adapte une nouvelle de Kyūsaku Yumeno en dérivant vers un surréalisme halluciné.
Autres réalisateurs présentés
Le cycle comprend également des films de Yasuharu Hasebe, Katsuhiko Fujii, Akira Katō, Isao Hayashi, Tōru Murakawa, Masanao Sakao, Toshiharu Ikeda, Takashi Ishii et Shinji Sōmai.
Programme complet de la rétrospective Nikkatsu à la Cinémathèque française
1ère semaine
- Me 10 juin à 20:00 – Rue de la joie, Tatsumi Kumashiro, 1974 (ouverture de la rétrospective)
- Je 11 juin à 18:30 – Les Amants mouillés, Tatsumi Kumashiro, 1973 (séance présentée par Clara Sebastiao)
- Je 11 juin à 20:30 – La Vie secrète de madame Yoshino, Masaru Konuma, 1976 (séance présentée par Clara Sebastiao)
- Sa 13 juin à 17:30 – La Fosse aux serpents, Katsuhiko Fujii, 1983 (séance présentée par Clara Sebastiao)
- Sa 13 juin à 19:45 – Nouveau Pénitencier pour filles, Kōyū Ohara, 1976
- Di 14 juin à 14:30 – La Maison des perversités, Noboru Tanaka, 1976 (séance présentée par Clara Sebastiao)
- Di 14 juin à 16:30 – Marché sexuel des filles, Noboru Tanaka, 1974 (séance présentée par Öykü Sofuoğlu)
2e semaine
- Je 18 juin à 18:30 – Love Hotel, Shinji Sōmai, 1985
- Je 18 juin à 21:00 – Nuits félines à Shinjuku, Noboru Tanaka, 1972 (séance présentée par Clara Sebastiao)
- Ve 19 juin à 17:00 – Les Femmes de la bourrasque, Yasuharu Hasebe, 1972
- Ve 19 juin à 19:00 – Le Rideau de fusuma, Tatsumi Kumashiro, 1973 (séance présentée par Öykü Sofuoğlu)
- Ve 19 juin à 21:00 – L’Enfer des jeunes filles, Masaru Konuma, 1977 (séance présentée par Öykü Sofuoğlu)
- Sa 20 juin à 15:00 – Angel Guts : Vertige rouge, Takashi Ishii, 1988
- Sa 20 juin à 17:15 – Angel Guts : Classe rouge, Chūsei Sone, 1979 (séance présentée par Öykü Sofuoğlu)
- Sa 20 juin à 20:30 – Les Doigts blancs de l’extase, Tōru Murakawa, 1972
- Di 21 juin à 17:30 – La Blonde Suédoise, Masanao Sakao, 1972
- Di 21 juin à 19:15 – Histoire sexuelle de la lanterne pivoine, Chūsei Sone, 1972
3e semaine
- Lu 22 juin à 18:30 – Parfum d’un sortilège, Toshiharu Ikeda, 1985 (séance présentée par Öykü Sofuoğlu)
- Lu 22 juin à 20:45 – Petits Secrets dans la chambre des courtisanes, Isao Hayashi, 1971
- Me 24 juin à 18:30 – Rue de la joie, Tatsumi Kumashiro, 1974
- Me 24 juin à 20:45 – Emmanuelle à Tokyo, Akira Katō, 1975
Informations pratiques sur la rétrospective Nikkatsu : Roman porno
Dates : du mercredi 10 au mercredi 24 juin 2026
Lieu : La Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris
Tarifs : 7 euros, 5,50 tarif réduit, 4 euros moins de 25 ans
Cycle réservé à un public averti. Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs non avertis.
Site web : https://www.cinematheque.fr/cycle/roman-porno-les-films-erotiques-de-la-nikkatsu-1589.html