Synergies entre tradition et modernité

Du mardi 18 au samedi 29 novembre 2025

Organisé par : Maison de la culture du Japon à Paris

L’artisanat japonais s’expose à Paris avec l’expo-vente Synergies entre tradition et modernité.

La Maison de la culture du Japon à Paris accueille la 13e édition de l’exposition Synergies entre tradition et modernité dédiée aux savoir-faire régionaux nippons. Du 18 au 29 novembre 2025, cet événement gratuit révèle la richesse des techniques artisanales transmises depuis des générations.

Organisée par CLAIR Paris, l’exposition-vente présente plusieurs centaines d’objets issus de 20 départements et villes japonaises.

Des ateliers animés par des artisans venus du Japon complètent cette programmation. Ces rendez-vous permettent au public parisien de s’initier concrètement aux gestes traditionnels.

Synergies entre tradition et modernité : une vitrine de 20 régions

Cette manifestation illustre la capacité des collectivités locales japonaises à préserver leur patrimoine artisanal tout en l’adaptant aux modes de vie actuels. CLAIR Paris, bureau de représentation des territoires nippons en France depuis 1990, coordonne cette initiative qui valorise la coopération décentralisée franco-japonaise.

Le monozukuri, art ancestral de concevoir des objets

L’artisanat régional japonais trouve ses racines dans le monozukuri. Ce concept désigne l’art de fabriquer des objets avec minutie et excellence.

Chaque territoire de l’archipel a développé des spécialités liées à ses ressources naturelles et à son histoire. Ces savoir-faire se caractérisent par un design élégant, une fabrication soignée et une qualité remarquable. Ils enrichissent encore aujourd’hui le quotidien des Japonais.

De l’habillement à l’habitat : trois univers à explorer

L’exposition s’articule autour de trois dimensions essentielles de la vie japonaise.

Le i regroupe les textiles et vêtements. Le shoku rassemble les arts de la table. Enfin, le présente les objets liés à l’habitat. Cette organisation permet d’appréhender la diversité des créations artisanales selon leur usage dans la société nippone.

Objets de l'expo-vente Synergies entre tradition et modernité

Une sélection d’artisanats d’exception

Les visiteurs découvrent un panorama complet des techniques artisanales japonaises. Soie, laque, céramique, verre, orfèvrerie, coutellerie, travail du bois et papier washi composent cette sélection remarquable.

Chaque collectivité territoriale présente ses spécialités ancestrales réinterprétées pour répondre aux besoins contemporains. Voici un tour d’horizon des régions représentées, du nord au sud de l’archipel.

Aomori, Yamagata et Fukushima : le nord de l’archipel

Le département d’Aomori expose trois spécialités remarquables. Le tissage sakiori transforme d’anciens textiles en nouvelles étoffes. La laque tsugaru-nuri se distingue par ses motifs complexes. Les objets Bunaco exploitent le hêtre local avec une technique d’enroulement unique.

Yamagata présente son tissage en soie yonezawa-ori, ainsi que des créations en bois et en métal. La ville de Koriyama, dans le département de Fukushima, dévoile le papier mâché de Dekoyashiki, la céramique asakano-yaki et l’art du tatami.

Pochette en soie bleue yonezawa-ori

Tokyo, Kanagawa et la région de Toyama

La capitale nippone propose les poupées kimekomi et l’oshi-e, technique décorative d’Edo. Le département de Kanagawa révèle la sculpture laquée de Kamakura et la marqueterie yosegi-zaiku de Hakone, célèbre pour ses motifs géométriques colorés.

Toyama met en lumière le travail du cuivre et de la laque de Takaoka. Ces réalisations témoignent du dynamisme artisanal de cette région industrieuse.

Marqueterie Yosegi-zaiku d'Hakone

Kanazawa, Fukui et Sabaé : capitales de la laque

Kanazawa, ancienne ville-château, brille par sa feuille d’or et sa teinture kaga-yuzen. La cité concentre près de 100% de la production japonaise d’or battu.

Le département de Fukui expose ses baguettes laquées wakasa-nuri, ses objets en laque d’Echizen, son papier japonais d’Echizen et ses baguettes en titane. La ville de Fukui présente également la céramique echizen-yaki. Sabae complète ce panorama avec d’autres réalisations en laque d’Echizen.

Nagano, Mie et Kyoto : du bois sacré aux textiles précieux

Nagano dévoile ses autels bouddhiques d’Iiyama, ses sculptures sur bois de Karuizawa, le kumiko-zaiku de Shinshu et ses paniers en vigne sauvage tressée. Ces créations allient spiritualité et fonctionnalité.

Matsusaka, dans le département de Mie, propose son coton réputé. Toba présente le tissu ama-kasuri des plongeuses, des objets recyclés à partir de drapeaux de pêche et de coquilles d’ormeau. Kyoto expose ses autels et accessoires bouddhiques ainsi que sa teinture par ligature.

Osaka, Hyôgo, Fukuoka et Kyûshû : le sud créatif

Sakai, dans le département d’Osaka, montre sa coutellerie réputée mondialement, sa teinture chusen avec blanchiment et son encens traditionnel.

Dans le département de Hyôgo, Nishiwaki présente le tissage banshu-ori. Tamba-Sasayama révèle ses bijoux en kintsugi, sa verrerie et sa céramique. Fukuoka expose le tissage hakata-ori et les poupées de Hakata.

Kumamoto dévoile cinq spécialités : le damasquinage higo-zogan, les balles brodées de Higo, la poterie Sodo, les objets en bois tourné et les tuiles Onigawara. Enfin, Hinokage, dans le département de Miyazaki, clôt ce voyage avec sa vannerie en bambou.

Chemin de table en Hakata-ori

Six ateliers pour s’initier aux techniques traditionnelles

Au-delà de l’exposition-vente, la Maison de la culture du Japon à Paris organise six ateliers encadrés par des artisans japonais. Ces sessions pratiques permettent de comprendre les gestes ancestraux et de créer son propre objet.

Les inscriptions s’effectuent sur le site de la MCJP. Chaque atelier se déroule en japonais avec traduction consécutive en français. Voici le programme détaillé de ces rendez-vous uniques.

Teinture kaga-yuzen aux colorants naturels

Mardi 18 novembre à 13:00, cet atelier de deux heures plonge dans l’univers de la teinture yuzen de Kaga. Cette technique s’est développée au milieu de l’époque d’Edo à Kanazawa, sous l’impulsion de Miyazaki Yūzensai, peintre officiel du domaine.

Elle se caractérise par des motifs floraux réalistes et des dégradés délicats. La palette repose sur les « cinq couleurs de Kaga » : bleu indigo, rouge carmin, ocre, vert herbe et violet ancien. Aucune feuille d’or ni broderie ne vient surcharger ces compositions épurées.

Les participants teignent au pinceau des tissus avec des colorants naturels extraits de fleurs de cerisier récoltées localement. Ce processus respectueux de l’environnement reflète des valeurs de durabilité et d’harmonie avec la nature.

Tarif : 15 euros – Réservation à partir du 19 octobre – Salle de cours 1 (niveau 1)

Teinture à la main Kaga Yuzen

L’art du transfert de feuille d’or entsuke

Mardi 18 novembre à 15:00, cette démonstration gratuite d’une heure dévoile la dernière étape de fabrication de la feuille d’or de Kanazawa. La ville produit près de 100% de l’or battu japonais.

Les feuilles réalisées selon la méthode traditionnelle entsuke kinpaku se distinguent par leur texture souple et leur éclat profond. Bien qu’elles ne représentent que 20% de la production totale, elles jouent un rôle essentiel dans les arts décoratifs et la restauration du patrimoine.

L’artisan manipule chaque feuille avec des baguettes en bambou depuis un plateau recouvert de peau de daim. Il la découpe à la taille standard avec un couteau carré en bambou avant de la poser délicatement sur un papier spécifique fabriqué à partir de fibres de mitsumata.

Cette technique a été reconnue en 2014 comme technique de préservation par l’État japonais. Elle figure depuis 2020 sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Tarif : Entrée libre sur réservation à partir du 19 octobre – Salle de cours 1 (niveau 1)

L'art du transfert de feuille d'or entsuke

Création d’un porte-clé mari

Samedi 22 novembre à 13:00 et à 16:00, cet atelier d’une heure propose de fabriquer un porte-clé mari. Cette balle décorative japonaise symbolise le bonheur, l’harmonie et la paix.

Les participants sélectionnent des tissus traditionnels et utilisent les matériaux et techniques issus de la fabrication des poupées kimekomi. Apparues il y a près de 290 ans dans le sanctuaire Kamigamo-jinja à Kyoto, ces poupées sont réalisées à partir d’un mélange de poudre de bois de paulownia et de colle d’amidon.

La méthode consiste à insérer des tissus dans des rainures à l’aide d’une spatule spéciale. Cette technique permet de créer des objets durables. Chacun repart avec sa création personnalisée.

Tarif : 20 euros – Réservation à partir du 23 octobre – Salle de réception (niveau 5)

Création d'un porte-clé mari

Technique décorative oshi-e d’Edo

Samedi 22 novembre à 14:30 et à 17:30, cette session initie à l’oshi-e, art décoratif traditionnel de Tokyo. Cette technique consiste à créer des compositions en relief en remboursant des tissus.

L’atelier permet d’expérimenter cette pratique raffinée héritée de l’époque d’Edo. Les participants créent leur propre réalisation sous la guidance d’un artisan expérimenté.

Tarif : 20 euros – Réservation à partir du 23 octobre – Salle de réception (niveau 5)

Technique décorative oshi-e d'Edo

Assemblage kumiko sans clous

Samedi 29 novembre à 14:00 et à 15:00, cet atelier de 30 minutes propose de fabriquer un sous-verre selon la technique kumiko. Cette méthode ancestrale d’assemblage de bois sans clous est apparue à l’époque Asuka.

Chaque élément est façonné avec une précision extrême. On retrouve cette technique dans la décoration de la balustrade du Hōryū-ji, le plus ancien bâtiment en bois existant au monde, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Traditionnellement utilisé pour les shōji (panneaux coulissants en papier) ou les ranma (panneaux ajourés), le kumiko séduit aujourd’hui dans des créations modernes. Grâce à des pièces préfabriquées avec précision, cette technique devient accessible à tous sans outils spécialisés.

Tarif : 12 euros – Réservation à partir du 30 octobre – Salle de réception (niveau 5)

Bijou en céramique Tamba-yaki et kintsugi

Vendredi 28 novembre et samedi 29 novembre à 16:30, cet atelier de deux heures invite à créer un bijou unique à partir de fragments de Tamba-yaki. Cette poterie traditionnelle est façonnée à la main depuis près de 800 ans dans le département de Hyōgo.

Les participants découvrent l’art du kintsugi, technique ancestrale qui consiste à réparer les objets cassés avec de la laque et de la poudre d’or. Les fissures ne sont pas dissimulées mais sublimées, devenant de véritables éléments esthétiques.

Pour cette initiation, une laque synthétique moderne non dangereuse et à séchage rapide est utilisée. Chacun repart ainsi avec sa création à la fin de la séance. Aucune expérience préalable n’est requise. Chaque fragment de céramique est unique par sa forme, sa couleur et ses motifs.

Tarif : 20 euros – Réservation à partir du 29 octobre – Salle de réception (niveau 5)

Céramique de Tamba en kintsugi

Informations pratiques pour visiter l’expo Synergies entre tradition et modernité

Site web : https://www.mcjp.fr/fr/la-mcjp/actualites/synergies-entre-tradition-et-modernite-2025

Adresse(s) : 101 bis quai Branly, 75015 Paris (Maison de la culture du Japon à Paris)
Hall d’accueil (rez-de-chaussée)

Ouvert les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi

De 11:00 à 19:00

Laissez un commentaire sur cette exposition:

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.