Du jeudi 13 novembre au samedi 20 décembre 2025
Organisé par : Galerie Nichido
L’exposition Avant-gardes Japon : l’après 1950 présente des artistes de premier plan des différentes avant-gardes japonaises d’après-guerre.
L’exposition Avant-gardes Japon : l’après 1950 de la galerie Nichido offre un regard quasi exhaustif des différentes facettes de l’identité et de l’expression de l’art japonais à cette époque. Avec des œuvres de :
- Nobuya ABE
- Jun DOBASHI
- Toshimitsu IMAI
- Reiji KIMURA
- Akira KITO
- Shingo KUSUDA
- Tsuyoshi MAEKAWA
- Kotaro MIGISHI
- Aiko MIYAWAKI
- Masayuki NAGARE
- Senkichiro NASAKA
- Takashi SUZUKI
- Yasse TABUCHI
- Akira TANAKA
- Shu TANAKA
- Taizo YOSHINAKA
Les avant-gardes au Japon
Le Japon dans les décennies qui ont suivi le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale a connu une période d’expansion sans précédent. Les artistes de cette époque faste ont répondu aux nombreux changements sociaux par un esprit à la fois créatif et impérieux qui étaient ouvert aux mouvements expérimentaux et aux nouvelles tendances abstraites matérialistes, faisant naître diverses avant-gardes au Japon.
À partir des années 1950, en pleine période de reconstruction économique et culturelle, apparait soudainement, et non sans surprise, une peinture japonaise « actuelle ». Le Japon s’éveille donc à une conscience nouvelle de soi et cesse de penser « occidental » – considérant dès lors sa tradition nationale avec un autre regard. Il lui fallait en effet trouver un langage nouveau, plus direct et plus entier – une expressivité nouvelle qui ne se satisfaisait plus des systèmes stylistiques d’avant-guerre, aussi « progressifs » fussent-ils (ex. surréalisme ou abstraction géométrique).
Les artistes réunis dans cette exposition (membres Gutai, informels ou encore japonais de Paris) témoignent parfaitement de l’existence de ces nouveaux courants avant-gardistes japonais, qui, au lendemain de la guerre, avaient fait de Tokyo, Osaka mais aussi indirectement New York, Milan ou encore Paris (où la colonie japonaise n’a jamais cessé de croitre) des scènes artistiques internationales, à la fois incontournables et ô combien inégalables.
Ces artistes expriment donc la force de cet art japonais qui mêle des traditions ancestrales à un souhait profond de changer les mœurs de leur société au profit d’un individualisme inspiré directement des américains qui occupèrent le Japon de 1945 à 1951.
Mouvement Gutai
A titre de référence, le mouvement Gutai (Gutai bijutsu kyôkai, « Association pour l’art concret ») est né de la table rase laissée par les attaques nucléaires américaines au Japon. Loin de la capitale du pays, dans la province du Kansai, des jeunes artistes avaient la volonté de créer un art complètement neuf et iconoclaste qui n’obéissait en rien aux lourdes traditions du Japon ou de l’art occidental.
Dans son manifeste, le fondateur du mouvement, Jiro YOSHIHARA (1905-1972), explique :
L’art Gutai ne transforme pas, ne détourne pas la matière, il lui donne vie.
De fait, les œuvres dites Gutai doivent être de véritables explosions sensorielles car, à l’instar du dripping de Jackson Pollock (dès 1947), c’est l’acte même de peindre qui devient un moyen d’expression !
Le fer de lance de Gutai est donc l’originalité dans l’expressionnisme abstrait. Le nom même du groupe qui veut dire tangible traduit une quête de nouveaux moyens d’expression visant à totalement dépasser les pratiques d’art déjà connues. Et c’est donc dans les matériaux naturels que le mouvement trouvera sa principale source de création (voir par ex. les œuvres exposées ici de Tsuyoshi MAEKAWA ou encore Senkichiro NASAKA).
Ce mouvement réussira ainsi à faire de nombreux émules parmi les jeunes artistes japonais qui appartiennent au même moment au mouvement de l’art informel ou encore plus largement à la ville de Paris (comme Toshimitsu IMAI qui s’inspire tout autant des matériaux « Gutai » que de la gestualité de l’art informel qu’ils associent à une pratique traditionnelle de l’art japonais).
Des inspirations et pratiques diverses
Un peu différemment, Yasukazu (Yasse) TABUCHI sont plus aquatiques dans leur vision du paysage traditionnel japonais, atteignant ainsi une touche abstraite à la fois plus vive et plus nerveuse.
D’autres encore s’en tiennent à des effets « magiques » de matière qu’ils cultivent avec une habileté ancestrale bien adaptée à leur nouveau médium (ex. Nobuya ABE ou Aiko MIYAWAKI). Ces derniers proposent des pâtes plus ou moins hautes, très travaillées, aux effets lourds et souvent vifs en couleurs, qui ne sont pas sans rappeler les préoccupations purement décoratives des peintres de l’époque Momoyama (1573-1603).
Pour ce qui est plus directement des peintres japonais de Paris (ex. Akira KITO, Jun DOBASHI ou encore Akira TANAKA) – tous émigrés d’un pays où la tradition de la peinture est à la fois ancrée et raffinée – ils arrivent à Paris pour chercher à solidifier leur identité et héritage artistique tout en s’aventurant dans la capitale mondiale de l’art occidental à cette époque – à l’instar de ces nombreux peintres de l’ère Meiji (1868-1912) qui s’y étaient déjà rendus pour ultimement produire une peinture japonaise occidentalisée, le Yôga.
Une avant-garde peu connue à l’étranger
Beaucoup de ces remarquables artistes avant-gardistes remporteront de nombreux prix (nationaux et internationaux), parvenant ainsi à générer – sans complexe vis à vis des pionniers de l’abstraction lyrique en Europe ou de l’expressionisme abstrait en Amérique – une synthèse picturale unique et quasi parfaite qui mêle harmonieusement Orient et Occident.
En raison de sa nature et de son caractère kaléidoscopique, l’art japonais de la deuxième moitié du 20e siècle a assez rarement fait l’objet d’expositions en dehors du Japon (hormis quelques grandes rétrospectives muséales, ex. Centre Pompidou de Paris en 1986, Musée Guggenheim de New York en 2013).
L’une des raisons pour lesquelles la plupart de ces expositions ont majoritairement été axées sur la période de l’après-guerre réside probablement dans le fait que, jusqu’à cette période, l’art japonais était plutôt facile à appréhender comme étant un simple prolongement voir un développement du contexte artistique occidental.
En cela, cette exposition de la galerie Nichido ne se veut pas seulement être une introduction à l’art d’après-guerre d’un pays de l’Extrême-Orient. Elle cherche avant tout à contribuer à la compréhension et l’appréciation d’un art particulièrement original qui a été source d’influence et d’apport aux nombreux courants avant-gardistes internationaux.
En effet, si le Japon se trouve aujourd’hui en tête des nations développées – tandis que sa civilisation traditionnelle reste unanimement respectée et vivace malgré les catastrophes et l’érosion inévitable des influences externes – sa contribution à l’histoire de l’art du 20e siècle est bien trop méconnue à ce jour.
L’exposition Avant-gardes Japon : l’après 1950 cherche donc à venir corriger cette flagrante injustice culturelle !
Informations pratiques
Galerie fermée de 13:00 et de 14:00.
Vernissage le jeudi 13 novembre de 16:00 à 21:00.
Site web : https://www.nichido-garo.co.jp/paris/2025/11/avant-garde_japon_lapres_1950.html
Adresse(s) : 61 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris (Galerie Nichido)
Gratuit
Ouvert les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi
De 10:30 à 19:00
Exceptionnellement ouvert le samedi 29 novembre 2025 de 10:30 à 20:00 et le mercredi 10 décembre 2025 de 10:30 à 20:00