Du jeudi 1er au jeudi 29 septembre 2022
Peintures, sculptures et dessins en hommage de Katsuji Kishida.
Katsuji Kishida est un sculpteur japonais installé à Paris en 1970 jusqu’à sa mort en 2019.
Son œuvre sur métal évolue dans une relation sans cesse renouvelée avec l’environnement, tantôt monumentale, tantôt intime, révélant ainsi un dialogue fusionnel entre les cultures occidentale et orientale.
Son œuf du vent est un volume limite entre le vide et le plein, entre la matière et le vent, avec un peu de cet esprit japonais qui ne se définit pas de manière tranchée mais au contraire, subtile tel un brouillard.
Katsuji Kishida
Katsuji Kishida est né à Tokyo en 1937, mort à Paris en 2019. Après des études et un diplôme de sculpteur à l’académie des Beaux Arts Musashino de Tokyo, la reconnaissance de son travail l’amène rapidement à s’ouvrir vers l’international.
Il est arrivé à Paris en 1970 et s’y installe, représentant la France dès 1971 lors d’un symposium de sculpture aux Etats-Unis, dans le Vermont.
Des sculptures en métal
Ses sculptures sont une allure ascensionnelle et aspirent à la monumentalité, ramassées sur leur écorce crevassée et couturée, tressée de plaques parfois couronnées d’unités lamelliformes, arc-boutées sur une colonne vertébrale stabilisatrice.
C’est toujours l’acier peint monochrome qui prête son épiderme fractionné aux combinatoires syncopées de Kishida.
Entre ressacs structurels et géométrie régulatrice, tradition orientale et avancées occidentales, Kishida creuse sa propre route avec autorité, en traduisant ce qu’il ressent au plus profond de lui-même.
Le rouge et l’acier
Sa fascination pour le métal et la flamme a duré plus de 50 ans. La couleur rouge des œuvres est voulue par Kishida. C’est la couleur de ce qui s’oxyde, couleur de la terre brune, du métal qui rouille et se décompose.
Il y a chez l’artiste le refus affirmé d’utiliser l’inoxydable, signe pour lui d’un temps immobile, celui de l’éternité.
Avec le rouge, au contraire, il interrompt le mouvement de la méditation zen et nous renvoie à la vision d’un état primordial de l’humanité, à un monde encore en-deçà du bien et du mal, où ne règnent que des processus naturels violents et où vivre et mourir ne sont qu’un seul et même phénomène. l’artiste a introduit entre l’extérieur et l’intérieur vide des œuvres.
Œufs du vent
Ce sont les « œufs du vent », indiquant par là que cette vacuité dans laquelle le regard peut errer.
C’est la seule façon de représenter l’existence d’une potentialité infinie, de germes donc, apportés par le vent auquel toutes les mythologies accordent un pouvoir fécondant, qu’il s’agisse du souffle, du pneuma des stoïciens ou de l’esprit dont parle Anaxagore.
Des germes où la vie sommeille encore, prise qu’elle est entre naissance et mort également possibles, et qui ne pourra se développer que par cette dialectique en triomphant de la pourriture.
Des œuvres fortement enracinées dans une pensée vitaliste et dans lesquelles on entend l’ample respiration de la nature, comme au premier matin du monde.