Exposition L'Oiseau Faux-Prophète par Nieto et Daichi Mori à la galerie Da-End du 16/10 au 20/11/2021 - Le Japon à Paris
L'Oiseau Faux-Prophète par Nieto et Daichi Mori

L’Oiseau Faux-Prophète par Nieto et Daichi Mori

Du samedi 16 octobre au samedi 20 novembre 2021

Organisé par : Galerie Da-End

0 Partages

L’Oiseau Faux-Prophète est la nouvelle exposition de l’artiste colombien Nieto et du japonais Daichi Mori.

La première collaboration de Nieto et Daichi Mori au sein de la galerie Da-End en 2018 a donné naissance, en 2021, à un animé, un « trip cosmogonique animalier » intitulé Swallow the Universe. Le lancement en octobre prochain du coffret vidéo sera l’occasion pour le duo d’investir à nouveau l’espace de la galerie avec, pour point de départ, la projection du film.

Le « polymathe » et le mangaka-otaku déploieront par ailleurs une installation foisonnante, allant des encres sur papier japonais, d’œuvres cinétiques sur bois, à l’assemblage d’animaux naturalisés, en passant par la vidéo sous toutes ses formes…

Swallow The Universe est un manga fleuve de type emaki (rouleau peint à la narration horizontale) qui relate l’épopée grand-guignolesque d’un jeune enfant perdu dans les jungles profondes de Mandchourie. Sa présence soudaine engendre une complète anarchie dans le monde primitif jusqu’alors parfaitement organisé des animaux de la faune locale. Doté d’une saisissante beauté, l’enfant fait naître chez les singes, tigres, tamanoirs et amphibiens l’envie et le désir de possession, entre autres passions originellement humaines.

Daichi Mori et Nieto

Daichi Mori est plus qu’un artiste, c’est un personnage. Rares sont ceux qui peuvent se vanter de l’avoir vu et même le documentaire L’art d’inexister qui lui est consacré tourne autour de sa maison sans pouvoir l’approcher autrement que par sa grand-mère.

L’artiste franco-colombien Nieto qui tient la caméra se passionne pour son travail avant même de le voir lors d’un séjour au Japon. La réputation de dessinateur maniaque de Daichi Mori lui fait entrevoir un sujet possible qu’il ne cesse depuis de mettre en scène.

En 2018, Nieto propose à la galerie une exposition conjointe des rouleaux de Daichi Mori et de ses propres animations vidéo projetées sur le papier. Cet ensemble regroupé sous le titre Avaler l’univers chier une fourmi retrace les histoires d’Emiko, l’enfant au beau visage perdu dans la jungle après la mort de ses parents dans un accident de voiture. Construit selon une même logique, chacun de ces rouleaux imagine comment les animaux vont chercher à s’emparer du visage du jeune garçon et comment celui-ci va se défendre en faisant appel à un super-pouvoir contenu dans sa dent. La même scène de lutte se répète alors où le beau visage se soulève comme un masque pour laisser voir un orphelin écorché.

Nieto réalise aujourd’hui Swallow the Universe, un film d’après ces rouleaux éponymes et produit par Autour de Minuit. Respectueux des premiers dessins et du matériau d’origine, il joue avec le mouvement même du rouleau dans ses animations. Admiratif de cette manière de revenir au manga des origines, il garde les bulles de dialogue, et donne vie aux détails comiques de l’arrière-plan. Cette adaptation à laquelle il ajoute encore un environnement sonore montre tout le goût de l’artiste pour le burlesque et l’humour grinçant.

Passeur de Daichi Mori, Nieto réfléchit au statut même de l’art en se confrontant à une œuvre presque brute. Le cartouche signature d’une souris grimaçante aux allures de Mickey Mouse n’a rien d’anodin, reste mal digérée d’une culture du divertissement. Le divertissement que Nieto poursuit par son propre travail, et retrouve par cette association, est davantage à entendre au sens pascalien du terme. Pétri de métaphysique, il ne se soucie ni du mauvais goût ni de la folie et nous invite à considérer ce qui fait un artiste au-delà de sa vie et de sa place dans un circuit médiatisé.

Daichi Mori continue de dessiner sans se soucier des regards. Depuis sa retraite, il imagine sans cesse de nouvelles aventures qu’il est impossible de dater. L’apparition d’un nouveau rouleau laisse à penser que l’on aurait trouvé la suite des aventures d’Emiko. L’Oiseau faux-prophète semble pourtant s’ancrer dans une autre dynamique narrative. Sur fond de fin du monde, de tsunami et de villes renversées, des oiseaux et des œufs composent une prophétie chaotique.

Nieto qui s’identifie à l’artiste japonais comme cygne noir parle de cette œuvre comme d’une contre Conférence des oiseaux. Si dans le poème allégorique de Farid al-Din Attar, des oiseaux se rassemblent pour trouver leur roi et discuter des qualités d’un bon gouvernement, on serait bien en peine de trouver une telle structure dans L’Oiseau faux prophète. L’imaginaire de ce rouleau – entre le carnaval et le massacre – évoque bien plutôt les scènes d’enfer de Bosch. Dans les œufs qui nous dévisagent il ne faudrait plus alors voir l’image de l’origine mais celle de la fin…

Nieto se plaît à se définir comme un enlumineur dont le travail tour à tour grotesque et grave est d’enrichir un mystère déjà présent ; au travers de cette exposition il laisse entier celui qui entoure Daichi Mori et ses œuvres.

Site web : http://www.da-end.com/newt-nieto-loiseau-fauxprophte

Adresse(s) : 17 rue Guénégaud, 75006 Paris (Galerie Da-End)

Entrée libre

Ouvert les lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi

De 14:00 à 19:00, sauf le vendredi de 11:00 à 19:00, le samedi de 11:00 à 19:00 et le dimanche de 11:00 à 19:00

Laissez un commentaire sur cette exposition :

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.