L'Étrange festival 27e édition du 8 au 19 septembre 2021 au Forum des images - Le Japon à Paris
L'Étrange festival 27e édition

L’Étrange festival 27e édition

Du mercredi 8 au dimanche 19 septembre 2021

L’Étrange festival vous propose une programmation de films percutante et inattendue pour vous faire découvrir les auteurs de demain et des pellicules inédites et délirantes.

L’Étrange Festival est un festival de cinéma de genre, qui a lieu tous les ans au Forum des images de Paris, durant la première quinzaine de septembre.

Il offre au grand public la possibilité de voir des films rares, voire inédits. Du fantastique au drame, l’horreur côtoie aussi bien le documentaire que le conte pour enfants, pour le plaisir de tous.

Au programme : une compétition internationale de longs métrages inédits ou très attendus concourant pour le Grand Prix Nouveau Genre Canal + et le Prix du public ; la 26e compétition internationale de courts métrages ; des hommages et découvertes à foison ; le « Retour de flamme » spécial Étrange festival concocté par Serge Bromberg…

Avec un focus sur Atsushi Yamatoya, l’extravagant, et les projections de :

  • Le Piège de la luxure (Aiyoku no wana), film policier. Les 17 à 15:00 et 19 à 15:45.
  • Saison de trahison (Uragiri no kisetsu), film policier. Les 9 à 15:15, 17 à 21:30 et 18 à 17:30.
  • The Pistol That Sprouted Hair (Ke no haeta kenjû), film policier. Les 13 à 16:45, 14 à 22:15 et 17 à 17:30.
  • Une poupée gonflable dans le désert (Kôya no dacchi waifu), film policier. Les 11 à 14:30 et 13 à 16:15.

Et trois films de Yûzô Kawashima :

  • La Bête élégante (Shitoyakana kedamono), comédie dramatique. Les 10 à 22:15 et 15 à 19:45.
  • Le Temple des oies sauvages (Gan no tera), drame. Les 12 à 14:00 et 14 à 19:15.
  • Les Femmes naissent deux fois (Onna wa nido umareru), drame. Les 9 à 19:45 et 15 à 17:45.

D’autres films japonais ou liés au Japon sont projetés :

  • Beyond Noh de Patrick Smith (États-Unis, Japon), court métrage d’animation. Des masques en tous genres, de toutes époques, et de toutes origines, animés sur un rythme effréné. Les 10 à 20:00 et 12 à 19:30.
  • Extraneous Matter de Kenichi Ugana, film fantastique, érotique. Les 10 à 22:00 et 13 à 19:15.
  • Junk Head de Takahide Hori, film d’animation, science-fiction, comédie. Les 11 à 21:45 et 16 à 17:15.
  • L’Étang du démon (Yasha-ga-ika) de Masahiro Shinoda, film fantastique (copie neuve). Le 9 à 21:00.
  • Prisoners of the Ghostland de Sono Sion (États-Unis), film d’action et d’horreur. Les 9 à 18:30 et 18 à 21:30.

Le Piège de la luxure

Hoshi, tueur à gages bon marché à la solde des yakuzas, est chargé par son patron d’assassiner un inconnu. Mais il fait la regrettable erreur de retourner sur les lieux du crime avec sa femme…

Atsushi Yamatoya et Yôzô Tanaka, qui participèrent tous deux à l’écriture de La marque du tueur (1967) de Seijun Suzuki, en proposent une relecture délirante où le polar dérive vers le roman porno. Tout genre, toute œuvre est pour Yamatoya une matière malléable qu’il sculpte au gré de son inspiration et même lorsqu’il feint le classicisme, il finit par dériver vers l’absurde et l’eroguro, comme en témoigne une stupéfiante séquence de tueur ventriloque.

Saison de trahison

Un photographe de guerre japonais envoyé au Vietnam revient au pays natal après avoir perdu son ami et collègue sur le champ de bataille.

Ce premier film d’Atsushi Yamatoya en tant que réalisateur coïncide avec son départ de la Nikkatsu pour intégrer Wakamatsu Production. Co-écrit par Masao Adachi, Saison de Trahison constitue ainsi le terrain d’exploration de trois acteurs majeurs de la contre-culture japonaise. Même Wakamatsu considère le film comme un modèle : « Quand je l’ai vu, ce fut une véritable révélation. Avec ce film, il avait réussi à remettre en cause toute la grammaire cinématographique et la façon qu’on avait alors de faire des films. J’ai voulu entreprendre la réalisation d’une œuvre de cet ordre et ce fut Quand l’embryon part braconner. »

The Pistol That Sprouted Hair

Pour se venger de l’attaque de son amant par une organisation criminelle, Shirô vient saccager leur bureau et s’échappe avec un pistolet. Mais les deux tueurs qui sont envoyés à ses trousses développent une curieuse relation avec leur cible…

À l’image de la partition de Hisato Aikura tantôt sautillante, tantôt furieuse, où les notes de clavecin sont annihilées par un saxo free jazz, ce fabuleux mix de pinku et de policier finit par échapper à toute classification. Atsushi Yamatoya confirme cette recherche d’un langage cinématographique avec la liberté du chaos comme règle. Le cinéma devient un laboratoire, un geste artistique et poétique dans lequel Akaji Maro, chantre du butô, futur créateur de la compagnie Dairakudakan, danse déjà avec l’invisible, crevant l’écran de sa fascinante présence.

Une poupée gonflable dans le désert

L’homme d’affaires Naka charge le tueur à gages Sho de retrouver et délivrer son épouse kidnappée Sae. Il se trouve que le chef des kidnappeurs, Ko, a assassiné quelques années plutôt la fiancée de Sho, l’occasion pour lui de faire d’une pierre deux coups.

« Il est temps de se réveiller » répète plusieurs fois Sho afin de ranimer la kidnappée. De fait, Une poupée gonflable dans le désert est un film-rêve, à la structure fragmentaire, aux accents presque « lynchéens », naviguant entre le pink et le noir dans un voyage mental nous perdant dans ses méandres. Le film est culte au Japon, on comprend pourquoi.

La Bête élégante

Dans un HLM du Japon de l’après-guerre, une famille d’escrocs de père en fils multiplie les arnaques en tout genre pour profiter des bienfaits de la société moderne.

Sur un scénario de Kaneto Shindo (Onibaba), Kawashima revient à sa verve satirique et misanthrope dans un tableau du Japon capitaliste subissant encore l’occupation américaine. Sans morale, cherchant le profit partout, ses protagonistes deviennent des marionnettes emmêlées dans leurs propres fils. En privilégiant l’unité de lieu, avec cet appartement plein de va-et-vient, dont on ne sort que pour visiter les cages d’escaliers, Kawashima offre une magistrale leçon de mise en scène digne de La Corde d’Hitchcock, où le décor, telle une prison, devient la métaphore d’un monde en déliquescence.

Le Temple des oies sauvages

Juste avant de mourir, un artiste sérigraphiste du temple Kohoan à Kyoto, livre la belle Satoko à Jikai, prêtre quelque peu lubrique, chef du temple Kikuchi. Jinen, l’apprenti bonze malmené par Jikai, observe silencieusement la situation.

Avec cette adaptation du roman de Tsutomu Minakami, Kawashima tisse graduellement la toile d’un drame triangulaire étouffant. Plongé dans un noir et blanc somptueux privilégiant ombres et clair-obscur, chaque protagoniste est sous l’emprise, d’un dominant ou de ses propres désirs. Ménageant également de bouleversantes ellipses, le montage haché rend l’atmosphère noire et pesante. La perfection du cadre au service de cheminements psychologiques pleins d’hésitations et de questionnements rend plus que jamais palpable le sentiment d’inéluctable.

Les Femmes naissent deux fois

Koen, une geisha des bas quartiers, entretient des relations avec des hommes de tous âges. Un jour, Tsutsui, un client qui pourrait être son père, lui propose un amour exclusif.

Cinq ans après Mizoguchi, à la manière d’une suite plus légère de La Rue de La Honte (dans laquelle l’actrice jouait déjà), Yûzô Kawashima explore l’évolution du statut de la geisha, dans une forme disparate qui fait écho à l’existence tristement immobile de son héroïne. Avec Koen – fabuleuse Ayako Wakao – cherchant à garder le sourire en toute circonstance lorsque sa vie n’est que déception, Kawashima propose l’émouvant portrait d’une femme qui sous couvert de sa profession cherche en vain à combler sa solitude, à être aimée et respectée. L’une de ses œuvres les plus subtilement mélancoliques.

Extraneous Matter

En des lieux différents, plusieurs personnages sont confrontés à la même créature visqueuse, certes repoussante mais propre à leur donner du plaisir où à devenir un très bon ami…

Les fantasmes érotiques de l’extraordinaire estampe de Hokusai Le Rêve de la femme du pêcheur s’animent enfin sous nos yeux ! Avec Extraneous Matter, Kenichi Ugana adapte son court-métrage éponyme, tantôt érotique, tantôt d’une folle drôlerie et dans lequel perce également un regard social aiguisé. Plongeant son film conçu comme une série de sketches dans un délicat noir et blanc bluesy, Ugana se plait à fusionner le trivial et la stylisation la plus épurée. Vous vous demandiez si la rencontre entre Jim Jarmusch et l’Eroguro était possible ? En voici la pieuvre.

Junk Head

Les hommes ne meurent plus, mais ne procréent plus non plus. Leurs clones, qui effectuaient docilement les tâches les plus dangereuses et fatigantes, se sont rebellés, exilés dans un immense monde sous-terrain…

2014 : Takahide Hori, un décorateur d’intérieur japonais de 43 ans, laisse pantois ceux qui découvrent Junk Head, petit bijou post apocalyptique de trente minutes en stop motion, qu’il fabriqua tout seul durant quatre ans. 2017 : après maints obstacles douloureusement surmontés, toujours en solo, il le prolonge en long-métrage. Sorti au Japon cette année, Junk Head, c’est un peu Giger dialoguant avec les frères Quay, avec Tetsuo pour modérateur. Le tranchant métallique cyberpunk s’arrondit au contact de poupées, avec un ingrédient essentiel : un humour déjanté, à l’instar de ces dialogues incohérents sous-titrés en langage intelligible. Un génie est né et vous livre son univers hallucinant où riment amour, gore et beauté.

L’Étang du démon

En 1913, en route vers Kyoto, un professeur traverse un village frappé par la sécheresse. Selon la légende une malédiction pèse, liée à l’étang du démon non loin de là : si le dragon qui y sommeille était libéré, un déluge engloutirait tout.

Quand le réalisateur de Fleur pâle et de Double suicide à Amijima adapte une célèbre pièce de kabuki, il nous livre à l’émerveillement du conte fantastique doublé d’une histoire d’amour tragique. Avec son fabuleux inventaire d’homme-crabes, de carpes, de poissons-chats, d’esprits et autres yôkai, Shinoda envoûte autant par sa substance poétique que son hommage au théâtre. Enfin présenté dans sa version 4K restaurée, l’Étang du démon n’est pas un film, c’est un sortilège.

Prisoners of the Ghostland

Samourai Town. Dans un futur post-apocalyptique, Hero, un braqueur de banque (Nicolas Cage) est libéré par le gouverneur, qui le charge de retrouver sa fille adoptive disparue. Hero n’a que très peu de temps pour déjouer les embûches de Ghostland, car au bout de quelques jours le costume en cuir qui lui colle à la peau explosera, et lui avec…

C’était un projet excitant et attendu : la rencontre entre le cinéaste japonais le plus azimuté et l’acteur américain le plus halluciné. Et au-delà de toutes nos espérances, ils parlent le même langage ! Prisoners of the Ghostland est bien l’orgie filmique escomptée, menée par ce Snake Plissken des temps modernes, inquiet avant tout pour ses testicules. Avec son casting cosmopolite, Sono Sion offre un objet psychédélique dingue provoquant toujours en nous la même question : « Mais que sommes-nous en train de regarder ? »

Site web : http://www.etrangefestival.com/2021/fr

Adresse(s) : 2 rue du cinéma, 75001 Paris (Forum des Halles, Forum des images)

Réservation possible

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