Du samedi 28 juin au dimanche 6 juillet 2025
Aux frontières de l’humain : un cycle de programmation qui explore les limites entre humain et non-humain.
Le Forum des images présente le cycle Aux frontières de l’humain, sous-titré « Guide de survie au 21e siècle ».
Cette programmation ambitieuse interroge ce qui sépare ou réunit les humains et non-humains dans un monde où les frontières deviennent toujours plus poreuses.
À travers une sélection de films, jeux vidéo et bandes dessinées, le public est invité à explorer les mutations technologiques, biologiques et écologiques qui redéfinissent notre rapport au vivant. Les œuvres présentées questionnent notre place face aux autres espèces et aux machines qui nous entourent.
En complément des projections, l’exposition L’animal est nous de Juliette « Antigone » Cordesse révèle en aquarelle la présence des animaux qui partagent déjà notre capitale.
Le vernissage aura lieu lors de la soirée d’ouverture le mercredi 7 mai à 20:30, avec l’avant-première du film Else de Thibault Emin.
En mai : une sélection de films japonais emblématiques
La programmation fait la part belle au cinéma japonais, qui explore depuis longtemps les questions d’hybridation entre l’humain et la technologie. Ces films offrent un regard singulier sur notre devenir à l’ère des avancées technologiques et des transformations biologiques.
Les œuvres sélectionnées s’inspirent notamment des réflexions de Donna Haraway, philosophe et primatologue américaine reconnue pour ses travaux sur les hybridations entre l’organique et le cybernétique. Son influence sur la culture visuelle japonaise est particulièrement visible dans plusieurs films présentés.
Akira et Tetsuo : l’hybridation corporelle comme métaphore sociale
Parmi les films cultes projetés, Akira de Katsuhiro Ôtomo (1988) dépeint un Tokyo futuriste où des expériences scientifiques transforment de jeunes individus en entités aux pouvoirs surhumains. Cette œuvre fondatrice du cyberpunk interroge les limites du corps humain face à la mutation génétique.
Dans un registre plus radical, la duologie Tetsuo de Shin’ya Tsukamoto explore la fusion traumatique entre chair et métal. Ces films dérangeants, interdits aux moins de 16 ans, présentent la métamorphose comme un processus violent et incontrôlable. La transformation physique y devient le reflet des angoisses d’une société hyper-technologique.
Tetsuo (1989) et sa suite Tetsuo 2: Body Hammer (1992) restent des expériences visuelles uniques, où le corps humain se transforme progressivement en machine dans une esthétique industrielle obsédante. Ces œuvres radicales questionnent notre dépendance croissante à la technologie.
Ghost in the Shell et Sayonara : intelligence artificielle et identité
Bien que les projections d’Innocence: Ghost in the Shell 2 de Mamoru Oshii aient été annulées, ce film reste emblématique de la réflexion japonaise sur les frontières entre humanité et intelligence artificielle. Le réalisateur y rend même hommage à Donna Haraway à travers le personnage du « Docteur Haraway ».
Le film Sayonara de Koji Fukada propose quant à lui une approche plus intimiste de la relation humain-androïde. Dans un Japon menacé par des radiations, une femme mourante et son robot compagnon développent une relation qui transcende la distinction entre être vivant et machine.
Ces œuvres soulèvent des questions fondamentales sur la conscience, l’identité et la possibilité d’une existence partagée entre humains et intelligences artificielles. Elles nous invitent à repenser nos définitions traditionnelles de la vie et de la cognition.
Princesse Mononoké : redéfinir la frontière entre humanité et nature
Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki occupe une place à part dans cette programmation, en abordant non pas le rapport homme-machine mais le lien entre humanité et monde naturel. Ce chef-d’œuvre d’animation explore la coexistence complexe et conflictuelle entre civilisation humaine et forces spirituelles de la nature.
Le film figure parmi les références citées par Thomas Cailley, réalisateur du Règne animal, à qui le Forum des images offre une carte blanche. Cette sélection souligne l’influence durable du cinéma japonais sur la représentation des relations inter-espèces.
À travers ses personnages mi-humains mi-animaux, Princesse Mononoké questionne notre responsabilité envers les autres formes de vie. Il propose une vision où les frontières entre espèces sont plus poreuses que nous ne le pensons habituellement. Le film reste d’une actualité saisissante dans nos débats sur l’écologie.
En juin : de l’animation expérimentale aux hybridations inter-espèces
La programmation estivale d’Aux frontières de l’humain enrichit cette exploration des mutations de l’humanité.
Junk Head : l’artisanat au service de la dystopie post-humaine
Junk Head de Takahide Hori représente un tour de force artistique. Il propose également une vision saisissante de l’avenir posthumain. Dans ce monde futuriste, l’humanité ne peut plus se reproduire. Ainsi, un agent part à la recherche d’humanoïdes artificiels encore fertiles. Cette quête interroge directement nos angoisses contemporaines :
- La reproduction menacée
- La perpétuation de l’espèce
- L’avenir de l’humanité biologique
Ce qui rend cette œuvre exceptionnelle, c’est sa réalisation entièrement artisanale en stop-motion. Takahide Hori consacre sept années de travail solitaire à ce projet. Il réalise seul tous les éléments :
- Les décors complexes
- Les personnages détaillés
- Plus de 140 000 prises de vue
Cette approche autodidacte confère au film une texture visuelle unique. Chaque image porte la trace du geste créateur. Le réalisateur explique sa philosophie : « L’élément le plus important d’un film est la vision du monde qu’il propose. Puis viennent ses personnages et son récit. » Cette vision transparaît dans chaque plan de Junk Head. L’univers visuel prime sur la narration conventionnelle.
Les Enfants de la mer : communion mystique avec le vivant marin
Les Enfants de la mer d’Ayumu Watanabe propose une approche poétique de la relation entre humanité et nature marine. Cette fable écologique suit Ruka, lycéenne qui rencontre Umi. Ce dernier possède le don de communiquer avec les animaux marins.
Cette œuvre s’inscrit dans la lignée de Princesse Mononoké. Néanmoins, elle déplace la réflexion vers l’élément aquatique. Le film explore une forme de communion mystique particulière. La jeune héroïne doit dépasser sa condition purement humaine. Ainsi, elle accède à une compréhension plus large du vivant.
L’animation sublime de Watanabe transcende le simple divertissement. Elle offre une méditation visuelle sur notre place au sein de l’écosystème marin. Par conséquent, elle invite à repenser notre rapport au monde aquatique. Ce dernier reste souvent perçu comme étranger à notre condition terrestre.
Dead or Alive: Final : cyberpunk extrême et résurrection technologique
Dead or Alive: Final de Takashi Miike clôt la trilogie culte du réalisateur. Il propose une plongée radicale dans l’esthétique cyberpunk. Ce film d’action ultra-violent explore les possibilités de résurrection par la technologie. Il se déroule dans un futur dystopique où les frontières entre vie et mort s’estompent.
Miike pousse ici à l’extrême la logique de l’hybridation homme-machine. Il interroge brutalement nos fantasmes d’immortalité technologique. De plus, il questionne les conséquences éthiques de la manipulation du vivant. Cette conclusion explosive résonne particulièrement avec les questionnements contemporains sur :
- L’augmentation humaine
- Les limites de l’intervention technologique
- La redéfinition du corps
Max mon amour : transgression des barrières inter-espèces
Max mon amour de Nagisa Ôshima occupe une place singulière dans cette programmation. Il aborde frontalement la question des relations inter-espèces. Cette fable burlesque et subversive met en scène un diplomate anglais. Ce dernier découvre que sa femme entretient une relation amoureuse avec un chimpanzé.
Ôshima utilise cette situation provocante pour interroger nos préjugés sur les frontières entre espèces. Il remet en question la hiérarchie traditionnelle du vivant. Avec Charlotte Rampling en tête d’affiche, le film traite avec humour grinçant des tabous liés à la bestialité. Simultanément, il questionne la nature de l’amour et de l’attraction.
Cette œuvre audacieuse s’inscrit parfaitement dans la thématique du programme. Elle explore de manière radicale la porosité des frontières entre humain et animal. Ainsi, elle prolonge les réflexions initiées par Princesse Mononoké dans un registre plus transgressif.
Evangelion : de l’écran à la manette, l’expérience transmédiatique
La soirée Evangelion, de l’écran à la manette ! propose une approche originale de la célèbre série de Hideaki Anno. Elle explore ses adaptations vidéoludiques. Accompagnés du vidéaste Saile, les spectateurs découvrent deux épisodes de la série culte. Ensuite, ils prennent les commandes des EVA dans leurs versions interactives.
Cette programmation hybride souligne l’importance de la transmédialité dans la culture japonaise contemporaine. Les œuvres circulent et se transforment d’un médium à l’autre. Elle interroge également les nouvelles formes d’immersion narrative. Ces dernières deviennent possibles grâce aux technologies interactives.
L’expérience proposée questionne notre rapport à la fiction. Passer du statut de spectateur à celui de pilote d’EVA modifie profondément notre relation à l’œuvre. Par conséquent, cela transforme aussi notre rapport à ses thématiques de fusion entre humain et machine.
Calendrier des projections japonaises d’Aux frontières de l’humain
Le Forum des images propose plusieurs séances pour découvrir ces œuvres japonaises emblématiques.
Les premières projections s’étalent sur tout le mois de mai, avec certains films programmés à plusieurs reprises pour permettre au plus grand nombre d’y assister.
- Sayonara de Koji Fukada : vendredi 9 mai à 21:00
- Tetsuo de Shin’ya Tsukamoto : vendredi 16 mai à 21:00
- Tetsuo 2: Body Hammer de Shin’ya Tsukamoto : samedi 17 mai à 17:30
- Akira de Katsuhiro Ôtomo :
- samedi 17 mai à 20:00
- mercredi 21 mai à 20:45
- Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki :
- jeudi 29 mai à 18:00
- dimanche 1er juin à 15:30
Les projections suivantes auront lieu fin juin-début juillet :
- Evangelion, de l’écran à la manette ! : samedi 28 juin à 15:00. Deux épisodes de la série + jeux vidéo !
- Max mon amour de Nagisa Ôshima :
- dimanche 29 juin à 17:30
- dimanche 6 juillet à 17:30
- Les Enfants de la mer d’Ayumu Watanabe :
- dimanche 29 juin à 20:00
- samedi 5 juillet à 15:00
- Junk Head de Takahide Hori (interdit -12 ans) :
- mercredi 2 juillet à 21:00
- dimanche 6 juillet à 14:30
- Dead or Alive: Final de Takashi Miike (interdit -12 ans) : vendredi 4 juillet à 18:30
Elles seront précédées d’un avant-programme TUMO Paris (sauf Evangelion et Max mon amour).
Informations pratiques pour participer à l’événement
Le cycle Aux frontières de l’humain propose différentes tarifications pour s’adapter à tous les publics :
- Plein tarif : 7,20 €
- Tarif réduit : 5,80 € (moins de 30 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, plus de 60 ans, personnes en situation de handicap)
- Carte UGC Illimité : 5 €
- Moins de 14 ans : 4,50 €
- Tarif préférentiel : 4 € (détenteurs de la carte Forum Liberté et leurs accompagnants, agents de la ville de Paris)
- Étudiants TUMO Paris : gratuit
- Cours de cinéma : entrée gratuite
Site web : https://www.forumdesimages.fr/aux-frontieres-de-lhumain
Adresse(s) : Forum des images
Réservation possible